Les éoliennes émettent des sifflements, des grincements, des sons de basses fréquences et des infrasons. D’après l’Agence française de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), 70 % des projets d’implantation font l’objet d’un recours devant le tribunal administratif. Les trois quarts de la population française sont pourtant favorables à cette énergie, d’après un sondage Ipsos mené il y a quatre ans.

Acouphènes, migraines… des symptômes immédiats

Ces installations gâchent la vue, provoquent des bruits lancinants et sont accusées par les voisins de dommages sur leur santé. Sophie, 55 ans, vit à proximité d’un champ d’éoliennes récent : “J’ai ressenti des symptômes immédiatement, assure-t-elle. Des acouphènes, des migraines, des douleurs à un poumon… »

Ces symptômes rappellent le syndrome éolien, décrit en 2009, et qui comprend aussi des vertiges et des nausées.  Les personnes touchées évoquent également des changements d’humeur, de la dépression, un syndrome inflammatoire et des problèmes cardiovasculaires.

L’effet “nocebo” pourrait être à l’origine de ces symptômes

En juin, une équipe finlandaise a conclu à l’absence de lien entre les infrasons et les symptômes des riverains, après une étude de près de deux ans. En laboratoire, aucun riverain n’a ressenti de symptômes à leur écoute. Pour les scientifiques, il ne reste que l’explication de l’effet nocebo.

“Une personne peut ressentir des symptômes dès lors que le psychisme identifie comme délétère une substance ou un facteur environnemental”, note Catherine Yardin, médecin biologiste.

Les souffrances n’en sont pas moins réelles.  “L’effet est mesurable”, souligne Paul Avan, directeur de l’Institut de l’audition, à Paris. Il pourrait résulter de l’impact négatif des  éoliennes, mais aussi du manque de dialogue et des droits parfois bafoués des riverains. Néanmoins, l’effet nocebo n’explique pas tout.

L’oreille interne pourrait être affectée

Des travaux, menés en laboratoire sur des rats, montrent que certains infrasons seraient perçus au niveau du système cochléo-vestibulaire. Cela provoquerait un déséquilibre de l’oreille interne, responsable de nausées et de vertiges. Une piste qui sera testée sur l’homme d’ici à quelques mois, avec une interrogation : pourquoi seule une fraction d’habitants est concernée ?

“Certains ayant une hypersensibilité auditive pourraient présenter une prédisposition assez rare”, répond Paul Avan. Ces recherches sont d’autant plus essentielles que la France connaît une forte croissance des implantations. Si elles représentaient environ 8 300 pieds au début de l’année, 14 000 sont prévues d’ici à 2028, selon l’Ademe.

Quel est l’impact des éoliennes sur les animaux ?

  • En mer : les éoliennes pertubent-elles les écosystèmes marins ? Une étude de l’Ifremer, menée sur deux ans, a conclu à une absence d’impact. Les scientifiques parlent même d’un “effet récif”, qui voit les espèces végétales et animales s’installer au pied de ces installations offshore.
  • Sur terre : des phénomènes inquiétants ont atteint des bovins en 2019, près d’un parc éolien (décès et baisse de la production de lait). Des études sont en cours.
  • Dans l’air : “Le mouvement des éoliennes perturbe les oiseaux migrateurs“, indique Paul Avan. Ces derniers ne les distinguant pas, ils peuvent être happés par les pales. Les implantations doivent être réalisées hors de leurs trajectoires de migration et loin des espaces abritant des espèces protégées.


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