Pourquoi c’est important

La pollution de l’air est considérée comme la principale cause environnementale de décès prématuré. En France, on estime à 67 000 le nombre de décès imputables à la pollution chaque année. La pollution de l’air est essentiellement due aux particules fines et à l’émission de gaz comme le dioxyde d’azote. La circulation, l’industrie et l’agriculture sont les principaux responsables de la pollution atmosphérique. Cette dernière constitue un véritable fléau pour notre santé : elle augmente les risques d’hypertension, d’autisme, de surpoids et de cancer du poumon et également le risque de maladies cardiovasculaires et de mortalité. Elle ferait aussi vieillir le cerveau prématurément.

Ce que l’on sait moins c’est que la pollution – notamment celle issue du transport routier – agit aussi sur des paramètres neurologiques et ainsi sur la santé mentale. C’est ce que montre une étude publiée dans la revue Social Psychiatry and Psychiatric Epidemiology.

L’étude

Dans cette étude, les chercheurs ont analysé les données de 1698 participants qui ont rempli des questionnaires et passé des tests sur une période de 5 ans pour évaluer la présence de troubles mentaux courants (dépression, anxiété…), les expériences psychotiques et les symptômes physiques caractéristiques de troubles mentaux, tels que les douleurs à l’estomac, l’essoufflement ou encore les troubles du sommeil. Ces données ont ensuite été reliées au niveau de pollution de l’air (évalué par les concentrations de particules fines et de dioxyde d’azote) des quartiers d’habitation des participants.

Les chercheurs ont constaté que l’exposition la plus élevée aux particules fines PM 2,5 (d’une taille inférieure à 2,5 micromètres) était associé à un risque 18% plus élevé de souffrir de troubles mentaux. De la même façon, le fait de vivre dans les zones les plus polluées au dioxyde d’azote était lié à un risque de troubles mentaux accru de 39% par rapport aux zones moins polluées.

Pour une exposition aux particules fines (PM 2,5) à un niveau supérieur à 15,5 µg/m3, les chercheurs ont estimé que les cas de troubles mentaux seraient multipliés par deux. Il faut savoir que l’Union Européenne a fixé une valeur cible de qualité de l’air à 25 µg/m3. Enfin, l’exposition à la pollution de l’air et notamment aux particules PM 10 est lié à un risque d’expériences psychotiques plus élevé de 33%.

Il est possible que la pollution de l’air favorise l’inflammation, le stress oxydant et des processus neurodégénératifs. Des études récentes montrent que la pollution de l’air entraine l’inflammation et la présence de toxines dans le cerveau, augmentant ainsi le risque de dépression et de psychose. Les particules fines (PM 2,5) peuvent en effet pénétrer dans nos voies respiratoires et rejoindre le cerveau.

Les résultats de cette étude viennent rejoindre ceux déjà obtenus précédemment qui mettent en avant l’association entre la pollution et le risque de démence, d’autisme, de schizophrénie ou encore de troubles cognitifs.  

En pratique

La pollution nous “attaque” physiquement mais aussi mentalement, comme le démontre cette nouvelle étude. Même si vous ne pouvez pas changer le niveau de pollution de l’air dans la ville dans laquelle vous vivez, il est possible à votre échelle de limiter votre exposition. Si vous faites du vélo en ville, choisissez plutôt des pistes cyclables séparées de la route. En effet, en partageant la route avec les voitures, un cycliste augmente de plus de 30% son exposition aux polluants atmosphériques.

Vous pouvez aussi essayer de contrecarrer les effets négatifs de la pollution sur votre santé, soit par votre alimentation en privilégiant le brocoli, l’huile d’olive et les sources d’oméga-3 tous associés à des effets bénéfiques sur les systèmes cardiovasculaire et respiratoire en cas d’exposition à la pollution atmosphérique ; soit en utilisant des compléments alimentaires comme les vitamines B, C et E ou les oméga-3.

Lire aussi : Manger du poisson gras protège-t-il le cerveau de la pollution atmosphérique?


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