Pourquoi c’est important

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), 50 millions de personnes sont atteintes de démence dans le monde, avec 60 à 70 % des cas causés par la maladie d’Alzheimer. L’augmentation du nombre de cas n’est pas forcément une fatalité et la modification de 12 facteurs de risque – liés au mode de vie – pourrait retarder ou prévenir 40% des cas de démence.

La sédentarité est un des facteurs de risque connus. Pour prévenir la démence, il est donc conseillé de pratiquer une activité physique régulière car elle favorise la neurogenèse (la formation de nouveaux neurones), préserve le volume de l’hippocampe et améliore le flux sanguin cérébral. Si l’activité physique dite de loisir est bénéfique, qu’en est-il de l’activité physique – parfois intense – liée à une profession ? C’est à cette question qu’ont souhaité répondre des chercheurs dans un article paru dans la revue Scandinavian Journal of Medicine & Science in Sports.

L’étude

Dans cette étude, les chercheurs ont recueilli des données concernant le type de travail effectué (sédentaire, physique, mouvements répétitifs, soulever des charges lourdes…) par 4721 hommes âgés de 40 à 59 ans au début de l’étude et répartis dans 14 grandes entreprises de Copenhague. Les participants ont été suivis pendant plusieurs années afin de surveiller le développement éventuel d’une démence.  

Les résultats montrent que les participants qui effectuent un travail physiquement difficile ont un risque 48% plus élevé de développer une démence que ceux qui effectuent un travail sédentaire. Les muscles et les articulations ne sont finalement pas les seules parties du corps à souffrir d’un travail physique dur, le cerveau est également touché.

Pour les chercheurs, il est important de différencier l’activité physique pratiquée dans le cadre professionnel – et qui peut être intense – de l’activité physique pratiquée dans le cadre des loisirs car leurs effets sur le risque de démence semblent être opposés. L’étude montre ici que ceux qui ont le plus d’activité physique sur leur temps de loisirs ont également moins de démence même si la diminution du risque n’est pas significative.

Des études antérieures ont déjà suggéré qu’un travail physique intense peut avoir un effet négatif sur la circulation sanguine et donc également sur l’apport sanguin au cerveau. Cela peut conduire au développement de maladies cardiovasculaires (hypertension artérielle, caillots sanguins, insuffisance cardiaque…). Or, on sait que réduire le risque cardiovasculaire permet également de réduire le risque de démence. 

En pratique

Un mode de vie sain peut réduire de moitié le risque de développer une démence. L’activité physique est essentielle mais, comme le montre cette étude, pas n’importe laquelle. En effet, un travail physique intense dans le cadre professionnel n’est pas une bonne forme d’activité physique. Des études sont nécessaires pour déterminer comment adapter le travail physique pour qu’il ait le même effet sur la santé, notamment cérébrale, qu’une activité physique de loisirs. En attendant, même si votre travail est physique, il ne faut pas négliger les activités sportives en mode loisirs (marche, natation, course…).

Outre l’activité physique, une alimentation saine de type méditerranéenne améliore la fonction cognitive et réduit le risque de maladie d’Alzheimer : sa richesse en oméga-3 du poisson, en antioxydants et en vitamines B est un atout pour la santé cérébrale. Des apports élevés en certaines vitamines (vitamines B9, E et C) sont associés à une diminution du risque de maladie d’Alzheimer. De la même façon, il est important de ne pas manquer de vitamine D.

A lire : Supernutrition du cerveau


Partagez :