Pourquoi la santé métabolique est cruciale

Qu’est-ce qu’être en bonne santé métabolique ? C’est n’avoir aucune des anomalies physiologiques qui peuvent conduire à des maladies chroniques ou “de civilisation” : obésité, glycémie trop élevée ou diabète de type 2, infection latente (parodontite, Lyme, herpès, prostatite…), hypertension, stress chronique, etc. Une bonne santé métabolique protège donc des maladies chroniques. Mais elle est aussi de première importance lorsqu’il s’agit de se prémunir contre les maladies infectieuses, comme la pandémie de COVID-19 nous l’a appris.

Cet article fait partie d’une série d’articles qui propose des éclairages sur les meilleurs moyens de garantir ou retrouver cette bonne santé métabolique, clé d’une vie plus longue en bonne santé. Au menu de cet article : comment nous pouvons nous inspirer du mode de vie de nos ancêtres pour  promouvoir aussi bien la santé des êtres humains que celle des écosystèmes auxquels ils appartiennent.

Réveillons les hommes du paléolithique en nous

Et si, pour prévenir les maladies de civilisation, nos sociétés devaient promouvoir le mode de vie de nos ancêtres préhistoriques chasseurs-cueilleurs ?

Rassurez-vous, il est impossible de reconstituer à grande échelle ce mode de subsistance : la planète serait incapable de le supporter. Et il faut reconnaître tout ce que le progrès a amené en matière d’espérance de vie : une alimentation biologiquement saine, l’hygiène, les vaccins, des traitements médicaux toujours plus sophistiqués. Mais pendant les 30 à 35 000 ans qui ont précédé l’ère moderne, nos ancêtres du paléolithique supérieur ont joui d’une bonne santé métabolique. Les observations sur les peuples de chasseurs-cueilleurs des temps modernes laissent penser qu’ils connaissaient peu hypertension, maladies cardiovasculaires, cancers. Les fossiles ne révèlent aucune trace de caries ni de fragilité osseuse. À ce constat, on oppose souvent l’argument d’une espérance de vie qui « ne dépassait pas 30 à 40 ans. » 

C’est méconnaître la réalité. L’espérance de vie à la naissance des hommes du paléolithique est longtemps restée faible du fait de la forte mortalité infantile, mais il y a 30 000 ans environ, elle augmente fortement. L’âge modal de décès chez les adultes du paléolithique supérieur (qui donne la durée de vie la plus commune, hors influence des conditions de mortalité aux jeunes âges) a été calculé par Gurven et Kaplan en 2007 : il était de 72 ans. Ceci est conforme aux études sur les chasseurs-cueilleurs modernes: l’espérance de vie à 15 ans des Aborigènes est de 48 ans (supplémentaires), et de 51 ans pour les Kung du Kalahari.

Le mode de vie et l’alimentation de nos ancêtres du paléolithique supérieur pourraient donc constituer un modèle en matière de santé métabolique, pour prévenir maladies cardiovasculaires, neuro-dégénératives, cancers. 

Comment les collectivités pourraient-elles s’en inspirer ?

Nos ancêtres mangeaient des aliments bruts, peu ou pas transformés. Ce mode de production pourrait être soutenu par des aides, et peu ou pas de taxes. À l’inverse, les aliments ultra-transformés pourraient être taxés fortement et isolés géographiquement dans les supermarchés, comme le propose Christian Rémésy dans son livre La Nutriécologie. On pourrait aussi, et ce n’est qu’un exemple, fortement favoriser le développement de jardins potagers.

Nos ancêtres avaient un niveau d’activité physique soutenu. L’activité physique pourrait être encouragée dès l’école, bien plus qu’elle ne l’est aujourd’hui, et prescrite par les médecins. Les municipalités et les communautés de communes devraient créer des pistes cyclables et permettre la location de vélos.

Nos ancêtres vivaient en symbiose avec la nature. Des études ont mis en évidence les bienfaits potentiels de la proximité d’espaces verts, d’arbres et de forêts. Voilà qui devrait inspirer la réorganisation des espaces urbains.

Nos ancêtres, enfin, vivaient en communauté. Chaque individu bénéficiait de la puissance de ce lien social dont on commence à comprendre les effets sur le stress, la dépression, l’immunité. Il ne tient qu’à nous de le recréer en édifiant des espaces sociaux communautaires.

Réveiller notre Homo sapiens paléolithique, ce n’est pas se vêtir de peaux de bêtes et s’armer d’un gourdin. C’est renouer avec la magie et la beauté de la nature, la chaleur du village ancestral, et promouvoir aussi bien la santé des êtres humains que celle des écosystèmes auxquels ils appartiennent.


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