Pourquoi c’est important

Les opioïdes ou opiacés (médicaments qui sont dérivés de l’opium) souvent prescrits contre la douleur peuvent provoquer une addiction dont il est très difficile de se sortir. Ces médicaments sont à l’origine d’un nombre important d’overdoses et de décès. Leur utilisation doit être strictement encadrée et limitée dans le temps. 

Selon une étude menée aux Etats-Unis en 2017, plus de 80% des personnes reçoivent une prescription d’opioïdes après une chirurgie à faible risque. Diminuer l’utilisation d’opioïdes grâce à des méthodes alternatives contre la douleur est donc un enjeu de santé publique. D’autant qu’il est possible d’utiliser des méthodes plus naturelles : certaines techniques corps-esprit peuvent en effet diminuer la douleur et réduire l’utilisation d’opioïdes.

Selon une étude récente dont les résultats ont été présentés à la conférence annuelle d’anesthésiologie, l’acupuncture pourrait faire partie de ces méthodes alternatives en aidant à réduire la douleur provoquée par une intervention chirurgicale.

L’étude

Dans leur étude, les chercheurs ont évalué l’efficacité de deux techniques d’acupuncture (auriculaire et traditionnelle) pratiquées chez des vétérans avant une intervention chirurgicale.

Dans une première expérience, les chercheurs ont formé deux groupes de 21 vétérans qui devaient subir une opération de la hanche. Le premier groupe a reçu de des séances d’acupuncture traditionnelle et le deuxième groupe de l’acupuncture fictive (groupe de contrôle).

Les personnes du groupe témoin avaient besoin en moyenne de 56 MME (morphine milligram equivalent) dans les 24 heures suivant la chirurgie. Le MME permet de calculer les prises cumulées d’opioïdes sur 24 heures pour un patient. En revanche, ceux qui avaient fait de l’acupuncture traditionnelle ont reçu en moyenne 20,4 MME soit près 65% en moins. Dans le groupe acupuncture traditionnelle, les participants étaient également plus satisfaits de la gestion de leur douleur 24 heures après leur chirurgie.

Dans une deuxième expérience, 28 vétérans qui devaient subir une intervention de chirurgie générale ont reçu de l’acupuncture auriculaire qui consiste à placer les aiguilles sur les points d’acupuncture au niveau des oreilles et à les laisser pendant 3 ou 4 jours. Dans le groupe témoin, 36 vétérans ont quant à eux fait des séances d’acupuncture fictive.

Les vétérans qui ont reçu le traitement d’acupuncture auriculaire ont eu besoin de moitié moins d’opioïdes dans les 24 premières heures après la chirurgie que le groupe témoin (17,4 MME contre 35 MME). Alors que 38% des participants du groupe témoin ont eu des nausées et des vomissements après la chirurgie, seulement 3% de ceux qui avaient reçu une acupuncture auriculaire ont présenté ces symptômes.

En pratique

L’acupuncture est une pratique de la médecine traditionnelle chinoise (MTC) qui consiste à appliquer des aiguilles, de la chaleur ou de la pression sur la peau au niveau de points précis se trouvant tout au long des méridiens, routes où circulent l’énergie vitale (JingQi). Il existe 361 points d’acupuncture répartis sur tout le corps. En France, l’acupuncture est considérée comme une médecine douce. Il existe des médecins acupuncteurs conventionnés, ce qui permet d’avoir accès au remboursement (au moins partiel) de leurs séances par l’assurance-maladie.

Méditation, cohérence cardiaque et EFT peuvent également diminuer naturellement la douleur, tout comme certaines épices. Toutes ces techniques présentent l’avantage de ne pas s’accompagner d’effets secondaires. 


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