C’est la nourriture industrielle qui est emballée

Si l’industrie agro-alimentaire a récupéré le bio, le sans gluten et les produits diététiques en proposant de nombreux produits alimentaires dans ces catégories, elle utilise toujours autant d’emballages. Pour des raisons de transport et d’hygiène mais aussi et surtout parce qu’elle n’a pas encore récupéré la tendance zéro déchet et le vrac. En attendant, pour ceux qui tendent vers le zéro déchet c’est tout bénef’ pour la santé puisque les aliments industriels, de mauvaise qualité nutritionnelle et bourrés d’ingrédients inutiles sont tous emballés, voire suremballés.

Lire : 10 gestes simples pour réduire nos déchets

En se tournant vers le zéro déchet, on est obligé de cuisiner et aussi de choisir des aliments simples et sains. C’est le gage d’une meilleure santé et le meilleur moyen de prévenir de nombreuses maladies dites de civilisation comme le diabète, l’obésité, les maladies cardiovasculaires, etc.
Jérémie Pichon, auteur de Famille (presque) Zéro Déchet Ze Guide (lire un extrait ICI >>), en témoigne : « En disant stop aux produits industriels, nous avons réduit le sel et surtout le sucre, la drogue reine des géants de l’agroalimentaire, ce poison pour notre santé présent dans la majorité des aliments de grande surface. Surtout nous ingérons beaucoup, beaucoup moins de produits chimiques présents dans ces produits : pesticides, herbicides, engrais, additifs, etc. Au quotidien, nous n’avons plus de problèmes de transit, d’articulations, de problèmes de peau. Plus de fringales entre les repas dues au trop de sucre. Nous avons été très peu malades cette année. »

Ce qui est produit loin est pollué et pollue

En adoptant le Zéro Déchet, on s’éloigne forcément des supermarchés pour redécouvrir les marchés et les producteurs locaux. A la clé : plus de goût mais aussi moins de pollution et moins de transports, donc moins de déchets cachés également. En choisissant des aliments produits par quelqu’un qui vous les vend directement ou que vous pouvez rencontrer car il n’habite pas trop loin, dont vous connaissez les modes de production, vous diminuez votre exposition aux polluants et donc vous améliorez votre santé. La preuve par l’exemple avec les tomates :

Zéro Déchet mais plus de goût et de convivialité

Comme le disent Jérémie Pichon et Bénédicte Moret sur leur blog : « La base du Zéro Déchet, c’est que tu cuisines et donc tu manges beaucoup mieux. Pour tes papilles déjà, vive les tartes aux épinards, chèvre & noix bio. Mais aussi pour ton petit corps. Et toute la merde de la grande distrib’ que tu ne lui fais plus subir. Le chemin du Zéro Déchet t’amène forcément à des produits sains et au goût originel. Il t’amène à une Amap, chez des producteurs locaux, dans des boutiques bio. En même temps qu’il t’éloigne du container vert et de l’huile de palme, il te ramène vers la cuisine. Vers la soupe, les purées, les tartes. Vers le partage autour du fourneau. Vers l’essentiel. Bref, je suis ce que je mange. »

Lire : Nous ne voulons plus de m… dans nos assiettes !

10 astuces pour zéro gaspillage en cuisine

1. Privilégier les enseignes proposant du vrac

Faire ses courses avec des bocaux ou des récipients en verre pour la farine, le miel, l’huile de noix de coco, la viande, le poisson, le fromage, etc. ou des sacs en tissus pour le vrac (graines, céréales, légumineuses, etc.).
Amener ses propres contenants oblige à se poser la question au préalable de ce dont on a besoin et éviter d’acheter des aliments inutiles. Vous pouvez marquer sur chaque contenant son poids (pour éviter de payer un surcoût) ou le faire tarer par le commerçant avant de le remplir (pour la même raison). Certains commerçants sont rétifs mais comme de plus en plus de personnes s’y mettent, cela va être de moins en moins difficile.

Petits magasins bio, biocoops, mais aussi grandes surfaces se sont mis au vrac. Ce n’est pas difficile d’en trouver aujourd’hui. Vrac + vos contenants = pas d’emballage = pas de déchet.

2. Prévoir les repas de la semaine

Petite astuce qui permet d’acheter seulement le nécessaire. Elle permet aussi d’éviter les doublons en vérifiant les aliments déjà présents dans les placards.

3. Acheter moins de produits

Certains ingrédients servent à plein de choses. Le meilleur exemple est le bicarbonate de soude qu’on peut utiliser aussi bien en cuisine, que dans les produits d’hygiène (à faire soi-même par exemple avec les recettes données par Jérémie Pichon et Bénédicte Moret dans leur livre) ou cosmétiques.

Acheter moins de produits permet mécaniquement d’avoir moins de déchets.

4. Choisir les bonnes promotions

Éviter de choisir les aliments aux dates plus longues, en allant chercher le produit au fond du rayon, pour empêcher que les supermarchés croulent sous les produits périmés. Sur le même ton, profiter des promotions qui sont faites sur les « dates courtes » pour limiter le gaspillage alimentaire des supermarchés (qui représente tout de même 14 % du gaspillage total).  En ce qui concerne les promotions de produits frais, éviter les gros volumes du type « 3 fromages pour le prix de 2 ». Ces promotions appâtent les consommateurs, mais elles engendrent souvent du gaspillage.

5. Apprendre à conserver

Préparer les aliments frais notamment les légumes juste après leur achat pour ne pas qu’ils se détériorent. D’autres méthodes de conservation ancestrales peuvent être utiles pour lutter contre le gaspillage alimentaire : le salage, les confits ou la lactofermentation.
Se méfier des dates de péremption pour certains aliments : produits secs, produits surgelés, certains produits laitiers, huiles, fromages, jambons peuvent être consommés après leur DLC s’ils ont été bien conservés.

Pour en savoir plus, lire : Quels aliments peut-on consommer sans risque après la date de péremption ?

6. Utiliser les applications anti-gaspillage

Chaque jour, sur l’application pour smartphone To Good To Go, les commerçants vous proposent leurs invendus sous forme de panier à petit prix. En luttant contre le gaspillage, cette « appli » permet aussi des économies, et non des moindres !

7. Réfléchir à deux fois avant d’acheter un nouveau gadget

Un minuteur de cuisine ou un dénoyauteur de cerises sont-ils vraiment indispensables ? L’appareil à raclettes ou à fondue qui sert une fois l’an peut également se mutualiser ou se prêter aisément.

8. Abandonner le jetable

Serviettes en papier, assiettes en carton, gobelets en plastique mais aussi Sopalin produisent énormément de déchets. Il est temps de ressortir le trousseau de votre mère ou grand-mère et de réhabiliter les torchons et serviettes et autres mouchoirs en tissu. Avoir sa propre tasse au travail est également une bonne astuce.

9. Recycler seulement en dernier recours

La plupart des plastiques ne se recyclent pas ou mal. Le mieux est de ne plus acheter de contenants plastiques, d’éviter les sacs et emballages plastiques en général : ça coupe le déchet plastique directement à la source, puisqu’on ne peut compter sur un recyclage efficace.

Notez que le verre, lui, peut se recycler à l’infini.

10. Composter

Le compost n’est pas un déchet ! Voilà comment réduire efficacement le volume de votre poubelle. À la clé : un climat préservé puisque le compost absorbe le carbone de l’air, sans compter ses propriétés fertilisantes pour le jardin.

Alors tout le monde au Zéro Déchet pour une meilleure santé ? À moins que vous n’ayez mécaniquement déjà réduit vos déchets en faisant attention à votre santé…

Pour aller plus loin, lire : La cuisine zéro gâchis et Le guide de l’alimentation durable


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