Les Anglais ont tiré les premiers. Ce sont eux qui ont lancé le premier «Stoptober» en octobre 2012. L’idée était d’inciter les fumeurs à se serrer les coudes pour réussir, ensemble, leur sevrage tabagique. 

La France a embrayé en novembre 2016 avec le #MoisSansTabac, sous l’égide du ministère de la Santé, de l’Assurance-maladie et de Santé publique France. Environ 200 000 personnes y participent chaque année. 

Pendant un mois, des messages d’encouragement et des conseils pratiques sont diffusés sur différents canaux (télévision, radio, internet, réseaux sociaux, affichage…). 

L’édition 2020 a choisi de donner la part belle aux témoignages de personnes qui ont réussi à arrêter de fumer grâce au #MoisSansTabac. « Avec ces témoignages, nous souhaitons montrer que c’est possible et accessible à tout le monde », explique Olivier Smadja, coordinateur de l’opération.

Une initiative efficace

Ce challenge collectif semble porter ses fruits. Selon une étude de Santé publique France menée sur le premier #MoisSansTabac, 16 % des fumeurs quotidiens avaient fait une tentative d’arrêt au dernier trimestre 2016. Parmi eux, plus de 18 % l’attribuaient au #MoisSansTabac. Un an après, 6 à 10 % n’avaient pas repris la cigarette. « Ces 6 % représentent en réalité beaucoup puisqu’on considère en général qu’à un an, environ 3 % des personnes qui ont arrêté de fumer sans accompagnement sont devenus non-fumeurs. On peut donc dire qu’en participant au #MoisSansTabac, on double ses chances d’arrêter de fumer », estime Olivier Smadja. 

Un encouragement à se lancer

« 80 % des fumeurs souhaitent arrêter, mais beaucoup ne s’en sentent pas capables. Le #MoisSansTabac permet de montrer aux fumeurs qu’ils peuvent se lancer. Et si certains rechutent à la fin du mois, ils auront réussi au-moins une fois. Ils savent, désormais, qu’ils seront capables d’arrêter de fumer », observe le Dr Anne-Marie Ruppert, coordinatrice du groupe Tabac de la Société de pneumologie de langue française. 

Le #MoisSansTabac s’inscrit dans un programme national qui vise à faire baisser la prévalence du tabagisme en France. De fait, l’instauration du paquet neutre, l’augmentation du prix du paquet à 10 euros et le remboursement des substituts nicotiniques ont poussé de nombreuses personnes à arrêter la cigarette. Une baisse historique a été enregistrée entre 2016 et 2018 avec 1,6 million de fumeurs en moins.

Mais il reste du chemin à parcourir puisqu’en 2019, 30,4 % des Français de 18 à 75 ans déclaraient fumer, 24 % quotidiennement. Par comparaison, le Royaume Uni, pionnier en la matière, compte 15 % de fumeurs. 

Pendant un mois, vous allez être « chouchouté », promet Olivier Smadja. Comment se lancer ? C’est très simple. L’inscription est gratuite. Il suffit de se signaler sur la plateforme Tabac info Service ou d’appeler le 3989 (service gratuit + coût d’un appel, du lundi au samedi de 8 h à 20 h). 

On peut aussi télécharger l’appli d’e-coaching de Tabac info service ou intégrer une communauté sur Facebook, Instagram ou Twitter

« Après l’inscription, vous avez plusieurs possibilités : commander le kit anti-tabac, prendre un rendez-vous téléphonique avec un tabacologue en appelant le 3989 ou bénéficier d’un programme de soutien par e-mails à un rythme plus ou moins intense selon vos souhaits », détaille Olivier Smadja.

Que contient le kit anti-tabac ?

En 2020, la formule évolue. Cette année, le kit anti-tabac se présente sous la forme d’un programme d’aide à l’arrêt, avec 10 jours de préparation et 30 jours d’accompagnement. Pour Olivier Smadja, il s’agit « d’un éphéméride sur 40 jours, où l’on demande à chacun une petite action, une victoire à obtenir chaque jour. Par exemple : aujourd’hui je jette mes cendriers. »

Bien se préparer pour réussir son #MoisSansTabac

Pour commencer, il est conseillé d’évaluer sa dépendance au tabac. Des tests sont proposés sur le site de Tabac info service

Ensuite, il faut préparer sa stratégie. Celle-ci ne sera pas la même d’une personne à l’autre. Tout dépend de son niveau d’addiction au tabac, de sa motivation, de ses envies, de son environnement… On peut arrêter seul, du jour au lendemain, ou se faire aider. Entre les substituts nicotiniques, la cigarette électronique ou les médicaments, quelle méthode choisir ? Il peut être important d’en discuter avec un tabacologue, avant de se lancer.  

Autre conseil : informer ses proches. « Il vaut mieux prévenir qu’on va arrêter de fumer à telle date, pour avoir le soutien de ses proches et ne pas se voir proposer de cigarettes », observe Olivier Smadja.
Enfin – et c’est du bon sens – il vaut mieux jeter ses derniers paquets de tabac, les cendriers, les briquets et tout ce qui peut réveiller l’envie de fumer. Un geste symbolique, fort, qui marque l’entrée dans une nouvelle vie sans tabac. 


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