Pourquoi c’est important

Si adopter un régime végétarien ou végan est plutôt vu comme un comportement sain, l’industrie agro-alimentaire s’est emparée de ce « nouveau marché » en proposant des produits censés remplacer, avec plus ou moins de bonheur, la viande et les produits animaux. Steaks et autres saucisses végétaux sont constitués bien souvent d’ingrédients que l’on ne trouve pas dans les placards de notre cuisine, d’agents cosmétiques et économiques (ACE), d’additifs. Ce sont donc ce que l’on appelle des aliments ultra-transformés (AUT). Or la consommation d’AUT a été associée à un risque de mortalité toutes causes, de surpoids, de diabète mais aussi de cancer plus élevé.

Dans quelle mesure les végétariens et végans mangent-ils ces produits ? L’étude Nutri-Net santé apporte des éléments de réponse (1).

Lire aussi : Aliments ultra-transformés : leurs effets santé passés en revue

L’étude

Pour cette étude d’observation, une cohorte de 21 212 personnes a été divisée en 4 groupes : 19 812 mangeurs de viande, 646 pesco-végétariens, 500 végétariens et 254 végétaliens. Les apports alimentaires quotidiens ont été recueillis à l’aide de relevés alimentaires répétés sur 24 heures.

Résultats : les régimes végétarien et végan ont été associés à une consommation plus élevée d’aliments ultra-transformés (AUT). 

Alimentation Part calorique des AUTs
Carnée 33,0 %
Pesco-végétarienne 32,5 %
Végétarienne 37,0 %
Végétalienne 39,5 %

Pour Anthony Fardet, chercheur en nutrition et auteur de Halte aux aliments transformés ! Mangeons vrai, cette tendance ressemble plus à de l’ignorance : « Je pense qu’ils n’ont pas conscience qu’ils consomment des AUT. Certains ont sans doute renoncé aux produits animaux ou à la viande il y a peu de temps, et veulent donc garder l’apparence des produits animaux ; ils se tournent alors vers les substituts de produits animaux, car ils recherchent une apparence sensorielle (goût, couleur, arôme et texture) proche. Dans ce cas, l’offre est essentiellement ultra-transformée puisque l’ultra-transformation a justement pour but de modifier les propriétés sensorielles par des artifices. » 

En pratique

« Il faudrait plutôt encourager les végétariens/végans à aller vers de vrais produits végétaux, bruts ou peu transformés. Ce serait plus « vertueux » pour leur santé et la planète ; car, rappelons-le, les AUT sont associés à des systèmes alimentaires dégradés. » (2)

Parce que, parfois, le recours à des aliments industriels est pratique, Anthony Fardet nous explique comment déjouer les pièges des industriels dans les rayons bio et diététiques.

« Il faut pouvoir détecter les AUT. Pour cela deux solutions :
1)    Au-delà de 5 ingrédients sur la liste des ingrédients sur l’emballage, il y a plus de 75% de chances que l’aliment soit un AUT ;
2)    Utiliser l’application Siga qui détecte de façon robuste les AUT.

Rappelons également qu’environ 1 aliment sur 4 est ultra-transformé en magasin bio (contre un sur deux en magasin conventionnel). (3) »

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