Parmi les différents types d’eczéma, la forme «nummulaire» occupe une place à part car son origine reste, à ce jour, inconnue. La maladie apparaît le plus souvent à l’âge adulte. Elle se manifeste sous forme de petites plaques arrondies, au contour bien délimité, évoquant une pièce de monnaie. Ces lésions inflammatoires sont rouges, parfois suintantes et elles démangent beaucoup. En général, elles touchent principalement les membres inférieurs. 

Eczéma nummulaire : une maladie mystérieuse

« L’eczéma nummulaire se déclenche du jour au lendemain, sans raison apparente. Il survient parfois chez des personnes souffrant d’eczéma atopique. Mais le plus souvent, il n’y a pas de cause identifiée à part certains facteurs irritants, comme le contact avec des détergents ou une hygiène trop agressive. Il semble, également, que l’alcool et le tabac soient des facteurs aggravants », constate le Dr Claire-Alice de Salins, dermatologue au sein du groupe hospitalier Bretagne-sud à Lorient et membre du ResoEczéma.

Un traitement local pour commencer

Selon le Dr de Salins, la maladie « n’est pas facile à prendre en charge ». Comme dans toute forme d’eczéma, le premier conseil consiste à nourrir et hydrater la peau en appliquant une crème émolliente, tous les jours. Ce traitement apporte du confort, mais il ne traite pas les lésions.

Pour faire disparaître les plaques, le dermatologue prescrit une crème ou une pommade à base de cortisone (on parle de dermocorticoïde), de forte puissance, à appliquer quotidiennement sur les lésions. « Le traitement peut être long, parfois plusieurs mois », reconnaît le Dr de Salins.

D’une manière générale, les traitements à base de cortisone ont mauvaise réputation auprès des patients. Craignant de voir apparaître des effets secondaires, beaucoup hésitent à appliquer suffisamment de produit, au risque de compromettre son efficacité. Contre cette « corticophobie », le Dr de Salins se veut rassurante : « Dans l’eczéma, le traitement est local. Or, les effets secondaires indiqués sur la notice des médicaments sont ceux de la corticothérapie par voie générale, ce qui peut tromper les patients ». 

Des solutions alternatives

Si ce traitement à base de corticoïdes ne suffit pas à redonner à la peau son aspect normal, vingt à trente séances de photothérapie peuvent être prescrites. Cette technique fait appel aux rayons ultraviolets dont l’action anti-inflammatoire est reconnue. Elle est d’ailleurs utilisée pour traiter d’autres maladies de peau, comme le psoriasis. Le nombre de séances doit, cependant, être limité pour ne pas augmenter le risque de cancer de la peau.

Si cette phototérapie reste inefficace, on peut avoir recours à la ciclosporine. Cette molécule est un immunosuppresseur, habituellement prescrit dans les formes sévères d’eczéma atopique. La ciclosporine se prend, en général, sous forme de comprimés, deux fois par jour. 


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