Pourquoi c’est important

Selon les études épidémiologiques, les acides gras oméga-3 EPA et DHA auraient des effets bénéfiques dans la prévention des maladies cardiovasculaires. Mais les essais cliniques menés jusqu’ici ont obtenu des résultats contradictoires et l’effet bénéfique d’une supplémentation en oméga-3 sur la santé cardiovasculaire n’a pas été démontré. Dans une revue Cochrane parue en 2018, les chercheurs ont conclu à un effet minime d’une augmentation des apports en oméga-3 (essentiellement par la supplémentation) sur le risque cardiovasculaire.

Trois grandes études ont obtenu des résultats également contradictoires : l’une menée sur des patients diabétiques n’a pas trouvé d’effets bénéfiques des oméga-3 sur le risque cardiovasculaire alors qu’une autre étude menée cette fois sur des patients en bonne santé est arrivée à une conclusion différente : les oméga-3 permettrait de réduire de 28% le risque d’infarctus du myocarde. Enfin, un médicament à base d’acides gras oméga-3 a réduit de 25% le risque d’accidents cardiovasculaires majeurs de patients sous statines. Les méta-analyses réalisées ont également abouti à des conclusions différentes. Plusieurs facteurs peuvent expliquer ces résultats contradictoires : le statut initial en oméga-3, la dose, le type d’oméga-3, les éventuels traitements pris par les participants (statines par exemple)…

Dans une nouvelle étude, les chercheurs ont évalué l’effet de la supplémentation en EPA+DHA sur le risque cardiovasculaire. Ils ont voulu mieux comprendre pourquoi certaines études d’intervention trouvent un effet bénéfique de la supplémentation en oméga-3 sur le risque cardiovasculaire alors que d’autres non. Ici, les chercheurs se sont plus particulièrement intéressés à l’effet de la dose administrée.  

L’étude

Les chercheurs ont inclus dans leur méta-analyse 40 essais cliniques qui évaluaient tous l’impact de la supplémentation en oméga-3 et non des conseils diététiques. En effet, les études consistant en des conseils diététiques sont plus compliquées à inclure dans les méta-analyses car il est alors difficile de déterminer avec précision la quantité d’acides gras oméga-3 réellement consommés et cela peut fortement impacter les conclusions de l’étude.

Les doses d’oméga-3 quotidiennes dans les groupes d’intervention variaient de 400 à 5500 mg. La dose moyenne reçue était de 1221 mg/jour.

Les résultats montrent que, dans les groupes d’intervention, la supplémentation en oméga-3 EPA+DHA permettait de réduire de 10% le risque de maladie coronarienne, de 13% celui de faire un infarctus du myocarde et de 35% celui de mourir d’une crise cardiaque. Les chercheurs n’ont pas trouvé de diminution significative pour le risque de maladies cardiovasculaires. Cependant, en augmentant la dose de 1000 mg par jour, ils obtenaient une diminution du risque significative de 5,8%, suggérant que les bénéfices sur la santé cardiovasculaire augmentent avec la dose d’oméga-3. De la même façon, augmenter la dose d’EPA+DHA diminue encore plus (de 9%) le risque d’infarctus du myocarde.

En pratique

Manger régulièrement du poisson gras (saumon, maquereau, anchois, sardine…) est le meilleur moyen d’avoir des apports élevés en oméga-3 d’autant plus que les études montrent que la consommation de poisson apporte d’autres bénéfices pour la santé que la diminution du risque cardiovasculaire. LaNutrition.fr recommande d’en manger 2 à 3 fois par semaine. A titre d’exemple, une portion de 100 g maquereau contient 2,5 g d’EPA+DHA, la même portion d’anchois en contient 1,4 g. Les oméga-3 d’origine végétale sont également intéressants pour la santé cardiovasculaire et méritent donc d’être intégrés à votre alimentation. on les trouve dans les noix, graines de lin, graines de chia ou encore l’huile de colza.

Votre santé cardiovasculaire passe forcément par ce que vous mettez dans votre assiette et par votre mode de vie. Ainsi, une alimentation méditerranéenne, la pratique régulière d’une activité physique, une vie sans tabac sont d’excellents moyens de préserver votre coeur. 

Cependant, cela pourrait ne pas suffire selon les résultats de cette étude qui suggère que des suppléments d’oméga-3 à des doses quotidiennes de 1000 à 2000 mg par jour pourraient être bénéfiques pour la santé cardiovasculaire. Il faut quand même souligner que beaucoup d’études sont réalisées dans des populations à risque cardiovasculaire élevé (diabète, maladie cardiovasculaire…) et la question reste de savoir si une supplémentation en oméga-3 serait également bénéfique en prévention primaire dans des populations à faible risque. En attendant, l’alimentation reste un moyen sûr et efficace d’avoir des apports en oméga-3 élevés. 

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