Pourquoi c’est important

L’axe intestin-cerveau est l’une des pistes les plus étudiées pour tenter de comprendre la neurodégénérescence, à la base de maladies comme Alzheimer et Parkinson, et sur laquelle il existe encore beaucoup d’interrogations. 

Si un lien existe entre ces maladies et le microbiote, l’alimentation semble l’option la plus intéressante pour prévenir mais aussi pour diminuer les symptômes lorsque ces troubles surviennent. Et les études sont de plus en plus nombreuses à le montrer, notamment dans le cas de la maladie d’Alzheimer

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L’étude

Un essai contrôlé randomisé en double aveugle paru dans The Lancet a inclus 17 participants, 11 d’entre eux présentant une déficience cognitive légère et 6 avec un statut cognitif normal. Les chercheurs ont d’abord découvert une signature bactérienne différente chez les personnes atteintes de déficience cognitive légère associée à des taux élevés de marqueurs d’Alzheimer.

Les scientifiques ont ensuite testé deux types de régime pendant six semaines avec une pause entre les deux expériences : 

  • Un régime méditerranéen pauvre en glucides (<10% de glucides, 60-65% de lipides et 30-35% de protéines) 
  • Un régime pauvre en graisses (55-65% de glucides, 15-20% de lipides et 20-30% de protéines).

Résultats : plusieurs bactéries ont été affectées différemment par les deux régimes. L’abondance des Enterobacteriaceae, Akkermansia, Slackia, Christensenellaceae et Erysipelotriaceae augmente alors que celle des Bifidobacterium et Lachnobacterium diminue avec le régime méditerranéen pauvre en glucides. Le régime pauvre en graisses augmente quant à lui les Mollicutes

Du côté des acides gras à chaîne courte, cruciaux pour la santé intestinale, mais aussi sans doute dans l’axe intestin-cerveau, l’alimentation méditerranéenne pauvres en glucides a réduit légèrement le lactate et l’acétate fécaux tout en augmentant le propionate et le butyrate. À l’inverse, l’alimentation pauvre en graisses a augmenté l’acétate et le propionate tout en réduisant le butyrate.

Plus généralement, le régime méditerranéen pauvre en glucides a permis d’améliorer des marqueurs de la maladie d’Alzheimer en modifiant le microbiote.

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En pratique

La bonne santé intestinale est en passe de devenir l’un des paramètres de santé principal tant son impact sur l’organisme est considérable. La bonne nouvelle c’est que l’on sait que l’alimentation est le principal outil pour en prendre soin. Comme pour les maladies métaboliques, changer son hygiène de vie permettrait de renverser certains de ces troubles neurologiques. 

C’est ce que fait le Dr Bredesen avec son protocole ReCODE contre Alzheimer. En agissant sur 36 facteurs dont l’alimentation, l’exercice, les habitudes de sommeil, le yoga et la relaxation, la stimulation cérébrale, il parvient à des améliorations importantes de ses patients. Ces résultats prometteurs ne sont toutefois pas encore des recommandations officielles.

Pour en savoir, lire : La fin d’Alzheimer


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