Pourquoi c’est important

La chirurgie bariatrique est un traitement proposé à des personnes souffrant d’obésité morbide, c’est-à-dire ayant un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 40. Cette chirurgie est également possible pour des patients ayant un IMC supérieur à 35 et dont une complication (hypertension artérielle, diabète de type 2…) pourrait être améliorée par l’opération.

Dans notre organisme, l’insuline sert au contrôle de la glycémie (taux de sucre sanguin). Cette hormone est produite par les cellules bêta, au niveau des îlots de Langerhans du pancréas. Chez les patients diabétiques de type 2, la sécrétion d’insuline et le contrôle de la glycémie sont perturbés.

D’après un communiqué de l’Inserm, « Dès les années 1990, il a été prouvé qu’un type de chirurgie bariatrique, le bypass gastrique selon la méthode du Roux-en-Y ou RYGBP (technique qui exclut la majeure partie de l’estomac, le duodénum et le jéjunum proximal du circuit alimentaire) pouvait en quelques jours, avant toute perte de poids significative, améliorer voire faire disparaître le diabète de type 2. » C’est même ce constat qui a conduit le Pr Roy à établir son protocole d’inversion du diabète de type 2 : le protocole de Newcastle. Mais comment est-il possible que cette opération résolve les problèmes de diabète ?

Lire : Diabète : la chirurgie bariatrique plus efficace qu’un traitement médical intensif

Ce que montre l’étude

Cette étude parue dans la revue EBioMedicine a été réalisée par une équipe de Sorbonne Université/Inserm, associée à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière.

Les chercheurs ont d’abord travaillé sur un modèle de souris diabétique. Ils ont analysé les sécrétions d’insuline et la glycémie, avant et après une opération. Ils ont noté qu’après l’opération de la souris :

  • le diabète disparaissait
  • le pancréas sécrétait plus d’insuline, même quand l’animal était toujours obèse.

Pour comprendre ce qui se passait au niveau moléculaire, les auteurs ont étudié l’expression des gènes dans les îlots de Langerhans du pancréas. Ils ont observé que l’opération a eu un effet régulateur sur 193 gènes, dont beaucoup étaient impliqués dans le contrôle du métabolisme du glucose, la sécrétion d’insuline ou la viabilité des cellules bêta.

Pour les auteurs, la modulation de l’expression de ces gènes peut se faire grâce à des microARN non-codants. Dans les îlots du pancréas, ils ont trouvé quatre microARNs régulés par la chirurgie bariatrique qui pouvaient avoir un effet sur certains des 193 gènes cités précédemment.

Les scientifiques ont pu retrouver ces quatre microARNs dans le sang de patients diabétiques de type 2 dont la glycémie s’était améliorée après un bypass gastrique.

Cette étude indique donc que la chirurgie bariatrique peut restaurer la sécrétion d’insuline chez des patients diabétiques de type 2, indépendamment de la perte de poids, grâce à la modification de l’expression de certains gènes. Ceci se fait grâce à l’intervention de microARNs.

En pratique

La chirurgie bariatrique est une méthode invasive visant à réduire le poids de l’individu. Il existe plusieurs types d’interventions chirurgicales, comme :

  • l’anneau gastrique ajustable qui réduit le volume de l’estomac,
  • la sleeve gastrectomie qui consiste à retirer une partie de l’estomac pour réduire son volume,
  • le bypass gastrique qui diminue le volume de l’estomac et modifie le circuit des aliments.

La chirurgie de l’obésité obtient de bons résultats mais conduit aussi à des effets secondaires, voire parfois à des complications.

Le protocole de Newscastle a été mis au point pour obtenir des résultats similaires à ceux de cette chirurgie sur le diabète de type 2, les effets secondaires en moins. Le Canadien Normand Mousseau explique très bien dans son livre pourquoi et comment il a suivi ce protocole, avec succès. D’autres protocoles d’inversion du diabète ont vu le jour depuis, comme le protocole Reversa du Dr Bourdua-Roy.

Des livres pour aller plus loin : Guide de la chirurgie de l’obésité, Inversez le surpoids et le diabète avec le protocole cétogène REVERSA et Comment j’ai vaincu le diabète sans médicament


Partagez :