Pourquoi c’est important

Le diabète de type 2, qui commence par une résistance à l’insuline, l’hormone qui permet de réguler le taux de sucre sanguin est en pleine augmentation dans les pays occidentaux. Il représente, avec ses complications, l’une des principales causes de décès dans le monde.

Si la grossesse a tendance à réduire la sensibilité du corps à l’insuline, l’allaitement pourrait restaurer cette sensibilité. Et, peut-être éviter que plusieurs années plus tard, les femmes développent un diabète de type 2, comme le suggèrent les études épidémiologiques.
L’hypothèse émise par des chercheurs de l’université Southwestern au Texas est que l’allaitement change la façon dont le corps utilise l’insuline. 

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Ce que montre l’étude

Pour tester cette hypothèse, les scientifiques ont recruté 18 femmes qui avaient accouché depuis 5 semaines. 12 de ces femmes allaitaient exclusivement ou donnaient à leur bébé moins de 170 g de lait maternisé par jour, les 6 autres donnaient exclusivement du lait maternisé.
Les participantes ont effectué plusieurs examens médicaux : un bilan général de santé au début de l’étude, un test de sensibilité à l’insuline au cours de la deuxième semaine, et une IRM au cours de la huitième semaine de l’étude afin de mesurer la quantité de graisse dans leur foie.

Les chercheurs ont constaté que toutes les femmes présentaient de faibles taux d’insuline, caractéristiques de la période post-partum, indépendamment de la nourriture de leurs nouveau-nés. Cependant, même avec ces faibles taux d’insuline, après un jeûne de 12 heures, les mères allaitantes libéraient plus de glucose et d’acides gras dans la circulation sanguine que les mères qui utilisaient exclusivement du lait maternisé.
La simulation d’un état postprandial via l’administration d’insuline supprimait la lipolyse et la production de glucose chez toutes les mères. En revanche, chez les mères allaitantes, les niveaux de prolactine (l’hormone qui stimule la production de lait) et le stockage des acides gras augmentaient, maximisant ainsi les nutriments disponibles pour la fabrication du lait.

Ces résultats suggèrent que l’allaitement augmente la sensibilité à l’insuline dans les organes sensibles à cette hormone comme le foie et le tissu adipeux. 
Les résultats de cette étude pourraient avoir un impact sur les politiques sociales en encourageant un allongement du congé maternité pour permettre aux femmes d’allaiter leurs enfants plus longtemps et de bénéficier pleinement de ces effets positifs sur la santé”, ont avancé les chercheurs.

En pratique

L’allaitement lorsqu’il est souhaité et possible reste la meilleure alimentation pour le nourrisson et il aide aussi les mamans à mieux vivre la période du post-partum (après l’accouchement).
Cependant on ne dispose pas de suffisamment de preuves aujourd’hui pour affirmer qu’allaiter peut réduire le risque de diabète de type 2. Concernant la sensibilité à l’insuline dont il convient de prendre soin pour se protéger de cette maladie, l’alimentation joue un rôle important et l’activité physique également. 
Avoir une activité physique régulière, maintenir un poids de santé, diminuer l’index et la charge glycémiques de son alimentation, varier les fruits et légumes, et faire contrôler régulièrement sa glycémie représentent ainsi des moyens simples et efficaces de se protéger du diabète de type 2, allaitement ou non.

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