Pourquoi c’est important

Le carcinome hépatocellulaire est un cancer primitif du foie qui se développe donc à partir des cellules hépatiques. Il est très fréquent : c’est la 5e cause de cancer dans le monde et la 3e cause de mortalité par cancer. Entre 5000 et 7000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année en France et la maladie survient généralement chez les personnes dont le foie est déjà endommagé par une maladie chronique (hépatite B ou C, intoxication alcoolique et stéatose hépatique non alcoolique (NASH)).

Ce que montre l’étude

Une étude précédente publiée dans la revue Alimentary Pharmacology and Therapeutics stipulait que boire 2 à 3 trois tasses de café par jour permettait de réduire de 38% le risque d’être touché par un cancer du foie, et de 46% le risque de décès d’une maladie hépatique chronique.

Partant de ces résultats, des chercheurs australiens ont filtré les statistiques liées au cancer du foie du Global Burden of Disease 2016, un outil permettant de quantifier la mortalité et l’invalidité dues aux principales maladies, blessures et facteurs de risque dans 194 pays.

Ils ont constaté que 1 240 201 décès étaient attribuables au cancer du foie cette année-là.

Les chercheurs ont ensuite récupéré des statistiques sur la consommation de café et ajouté les deux ensembles de données dans un modèle statistique. Résultat : ce modèle a estimé que si tout le monde, toutes populations confondues, avaient bu deux tasses de café par jour en 2016, il y aurait eu 452 861 décès de moins par cancer du foie. Avec quatre tasses par jour, il y aurait eu 723 287 morts en moins.

Une consommation élevée de café a été corrélée à une meilleure sensibilité à l’insuline, ce qui suggère que le café peut exercer des effets protecteurs en atténuant la fibrose hépatique induite par l’insuline.

Cette étude ne permet pas d’établir toutefois un lien de cause à effet entre la consommation de café et le cancer du foie. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour confirmer (ou non) ces résultats.

En pratique

C’est notamment parce que le café contient des antioxydants et de la caféine qu’il pourrait protéger du cancer. Cependant, d’après l’état de la recherche actuelle, boire du café n’est pas aussi protecteur contre le cancer du foie que le fait d’arrêter de fumer, de réduire sa consommation d’alcool ou de perdre du poids. Les chercheurs n’ont par ailleurs pas retrouvé cet effet protecteur contre le risque d’autres cancers digestifs comme celui de l’intestin ou de l’estomac.


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