Pourquoi c’est important 

Dès la naissance, des micro-organismes envahissent le tube digestif suite aux premiers contacts du nourrisson avec son environnement (l’entourage, l’allaitement, la respiration, etc.). Ce processus de « colonisation » microbienne et de formation du microbiote pourrait profondément influencer l’état de santé tout au long de la vie et notamment le bon fonctionnement du système immunitaire. De nombreuses recherches s’y intéressent pour déterminer ses implications dans certaines maladies : diarrhées, dermatites atopiques, allergies respiratoires… De même, la vitamine D joue un rôle important dans les mécanismes de défense du corps.

Dans le cadre l’étude de cohorte CHILD – une étude nationale qui suit près de 3500 enfants canadiens d’avant la naissance à l’adolescence dans le but de découvrir les causes profondes des allergies, de l’asthme, de l’obésité et d’autres maladies chroniques – des chercheurs ont tenté de comprendre les effets d’une supplémentation en vitamine D sur le microbiote.

À lire aussi : Grippe, bronchiolite, pneumonie : ayons le réflexe vitamine D ! et COVID-19 : la vitamine D recommandée par l’Académie nationale de médecine

Ce que montre l’étude 

Les chercheurs ont examiné des échantillons de matières fécales de 1157 nourrissons complémentés ou non en vitamine D.

Ils ont constaté que la supplémentation directe des nourrissons avec des gouttes de vitamine D était associée à une plus faible abondance de la bactérie Megamonas, quelle que soit la façon dont un bébé était nourri (lait maternel ou maternisé). Or des recherches précédentes suggèrent qu’il peut y avoir un lien entre cette bactérie et l’asthme et/ou les infections virales respiratoires. De plus, de faibles niveaux de vitamine D ont été associés à la bronchiolite, et plus récemment, à une sensibilité accrue à la maladie COVID-19.

Les chercheurs ont également évalué un possible lien entre la supplémentation en vitamine D et la présence de Clostridioides difficile dans l’intestin d’un bébé. Près de 30% des nourrissons sont en effet porteurs de cette bactérie qui peut causer des diarrhées. En cas de dysbiose (déséquilibre du microbiote), cette bactérie peut se multiplier, augmentant le risque de maladies chroniques plus tard dans l’enfance. Mais les scientifiques n’ont pas pu établir de lien entre cette bactérie et la vitamine D.

En pratique 

Tout comme celle préconisée chez les adultes, la supplémentation en vitamine D chez le nourrisson pallie un manque d’exposition au soleil.  Si ses effets sur le microbiote doivent encore être mieux définis, ses bénéfices sur la santé générale et l’immunité en particulier permettent de la recommander sans risque.

>> Soleil : faire le plein de vitamine D sans abîmer sa peau (Abonné)

Les laits premier et deuxième âge sont enrichis en vitamine D, mais pas suffisamment pour combler les besoins. Un bébé nourri au sein nécessite également un apport plus important. On trouve dans le lait maternel environ 50 unités de cette vitamine alors que le bébé a besoin d’environ 1 000 unités par jour. Parlez-en au pédiatre de votre enfant.

À lire aussi : Le Grand Livre de la DME


Partagez :