Pourquoi c’est important

Avec plus de 43 000 nouveaux cas chaque année, le cancer du côlon est le troisième cancer le plus fréquent. Il est aussi très meurtrier : c’est la deuxième cause de décès par cancer. 

Une alimentation riche en antioxydants est considérée comme protectrice, notamment contre le cancer. Les antioxydants sont des composés qui neutralisent les radicaux libres dans le corps – des molécules qui, en excès, sont responsables du stress oxydant, favorisant ainsi de nombreuses maladies –, et qui peuvent même aider à perdre du poids ou à traiter certaines maladies.

Une nouvelle étude semble cependant indiquer que, dans certains environnements, des  aliments riches en antioxydants peuvent rendre le microbiote intestinal plus accueillant pour les cellules cancéreuses, favorisant ainsi leur croissance.

L’étude

Une équipe de chercheurs du Centre Lautenberg de recherche en Immunologie et Cancer de l’université hébraïque de Jérusalem, est partie du constat suivant : le cancer de l’intestin grêle est assez rare alors que le cancer du côlon, organe voisin, fait partie des plus fréquents. Ils ont donc voulu découvrir ce qui semble attirer les cellules cancéreuses dans cette zone.

La raison, selon les chercheurs, réside dans la principale différence entre ces organes : la présence d’une flore intestinale. L’intestin grêle contient peu de bactéries, tandis que le gros intestin est habité par une riche microflore.
Pour tester leurs hypothèses sur le rôle de la flore intestinale, l’équipe de recherche a introduit des protéines p53 mutées, formulées comme des protéines « cancérigènes », dans les intestins de souris des champs.

Dans l’intestin grêle, les protéines ont été converties en p53 normales, supprimant la croissance des cellules cancéreuses, tandis que dans le gros intestin, ces protéines sont restées mutantes, favorisant la propagation du cancer.

Pour tester davantage le rôle de la microflore du côlon, les chercheurs l’ont supprimée avec des antibiotiques et, dans ce cas de figure, la p53 mutée ne provoquait plus de cancer.

Les chercheurs ont conclu que les mutations cancéreuses ne sont pas nécessairement mauvaises en elles-mêmes. Selon eux, dans certains environnements comme l’intestin grêle, ces mutations peuvent en fait aider l’organisme à combattre le cancer, et non à le propager. Néanmoins, si le microbiote intestinal produit des niveaux élevés de métabolites à partir d’aliments riches en antioxydants, il devient alors un environnement particulièrement accueillant pour les gènes mutés, ce qui pourrait accélérer la croissance des cancers du côlon.

En pratique

Cette étude isolée ne signifie pas qu’il faut supprimer les aliments riches en antioxydants de votre alimentation. Jusqu’à preuve du contraire, ils possèdent des atouts importants pour votre santé.
Afin de prévenir le cancer colorectal, il est surtout conseillé de consommer à l’excès de la viande rouge et surtout la viande transformée (saucisses, charcuteries) ainsi que de l’alcool (en excès ou en consommation forte quotidienne).

Les facteurs de risque établis pour ce cancer comprennent des antécédents personnels ou familiaux de cancer colorectal, un syndrome du côlon irritable, des polypes dans le côlon, le diabète de type 2, l’obésité, une consommation excessive d’alcool, fumer et avoir plus de 50 ans. 

Pour détecter le cancer colorectal, il est conseillé à toute personne de plus de 50 ans de subir un test sanguin annuel des selles et une coloscopie tous les 10 ans. Ceux qui ont des antécédents familiaux de cancer du côlon devraient être testés plus fréquemment et plus tôt.
 


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