Pourquoi c’est important

Le régime alimentaire et les antécédents de tabagisme pourraient jouer un rôle important dans le pronostic de cancer du sein ; cependant, les recommandations diététiques actuelles ne sont pas adaptées aux femmes ayant eu un diagnostic de cancer du sein, qu’elles aient fumé ou pas. 

La charge acide alimentaire pourrait influencer le pronostic de cancer du sein et interagir avec la consommation de tabac dans le passé. Un équilibre adéquat entre aliments acidifiants et alcalinisants modifie légèrement le pH dans le corps (d’autant plus qu’on prend de l’âge), mais même des modifications mineures peuvent avoir un impact sur les fonctions physiologiques et le métabolisme cellulaire. Par exemple, les régimes acidifiants ont été associés à une mortalité cardiovasculaire plus élevée. Or il semble que les survivants du cancer, en particulier les anciens fumeurs, aient une capacité limitée à ajuster leur équilibre acido-basique. Il est donc important de savoir si une charge d’acide alimentaire est liée à des effets négatifs sur le pronostic, chez les persones ayant eu un diagnostic de cancer, qu’elles aient fumé ou non.

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L’étude

Des chercheurs de l’université d’État de San Diego ont analysé les habitudes alimentaires de près de 3000 femmes qui avaient fumé dans le passé ou n’avaient jamais fumé, mais qui avaient toutes eu un cancer du sein. 

Les régimes suivis par les participantes ont été évalués grâce aux scores de charge acide alimentaire, calculée via l’indice PRAL et la production nette d’acide endogène, le NEAP. L’intensité du tabagisme a été évaluée sous la forme de « paquets-années ». 

Résultats : après 7,3 années de suivi en moyenne, il y a eu 295 décès au total, 249 décès spécifiques au cancer du sein et 490 cas de récidive de cancer du sein. Les apports accrus en aliments acidifiants  et les « paquets-années » de tabagisme étaient chacun associés à une augmentation de la mortalité totale et de la mortalité spécifique au cancer du sein.

Par rapport aux femmes non fumeuses avec le NEAP le plus bas, les femmes ayant le NEAP le plus élevé et un score tabagique supérieur à 15 présentaient le plus grand risque de mortalité totale. De plus, l’indice PRAL était associé à une augmentation de la récidive du cancer du sein chez les femmes ayant déjà fumé, mais pas chez les non-fumeuses.

Pour les chercheurs, cette étude apporte des éléments pour encourager les femmes ayant eu un cancer du sein, en particulier les ex-fumeuses, à suivre un régime alcalinisant.

En pratique

Pour Florence Piquet, diététicienne et auteure du Guide de l’équilibre acide-base, « pour maintenir un bon équilibre acide-base, notre alimentation devrait, dans l’idéal, être composée de 80 % d’aliments alcalinisant et de 20 % d’aliments acidifiants. »
Une majorité de légumes, de fruits, d’épices et d’aromates, de noix et de graines dans l’assiette permet d’atteindre cet objectif, en alternant la source des accompagnements (produits céréaliers ou produit d’origine animaux). Pour une portion d’aliments acidifiants, Florence Piquet conseille, deux portions d’aliments alcalinisants.

Pour plus d’informations, consulter la liste des indices PRAL de 80 aliments

Pour en savoir plus, lire le guide de l’équilibre acide-base


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