Si l’on parle d’eczéma en médecine humaine, chez les animaux ce terme est, en fait, inapproprié. On emploie plutôt les terminologies suivantes : maladies prurigineuses ou allergies.

Quelles sont les causes de l’eczéma ?

  • Comme chez le chien, « la première cause de maladie de peau chez le chat est la puce, prévient le Dr Macherez. C’est d’autant plus vrai que le comportement toiletteur du chat provoque la disparition du parasite
  • Puis, chez les jeunes chats, on trouve également, la gale des oreilles et, en hiver, la teigne, en particulier chez les chatons ou les chats errants.
  • Et enfin, le panel des allergies, qu’elles soient alimentaires ou qu’il s’agisse d’aéro-allergènes. »

Quels sont les symptômes chez le chat ?

« Contrairement au chien, l’expression clinique – démangeaisons, grattage, léchage, mordillement, frottement – chez le chat est la même quelle que soit la cause, précise le vétérinaire. Dans le cas de la gale des oreilles, le chat va avoir des démangeaisons locales au niveau du pourtour des oreilles ».

On trouve aussi les manifestations suivantes :

  •  La dermite miliaire féline : « Elle se traduit par des papulo-croûtes localisées au niveau de la face, des tempes, du cou, du dos », détaille le vétérinaire. Il peut s’agir d’une allergie aux piqûres de puces ou à une allergie alimentaire.
  • Le complexe granulome éosinophilefélin : « Il s’agit de plaques inflammatoires localisées au niveau des lèvres, du ventre, de l’arrière des cuisses », explique le Dr Macherez. Ses causes : une réaction allergique aux piqûres de puces, une allergie alimentaire ou encore une hypersensibilité aux aéro-allergènes.
  •  L’alopécie extensive féline : « c’est une perte de poils provoqué par un léchage excessif, dit le vétérinaire. Elle est souvent l’expression d’une réaction allergique (puces, acariens…) mais peut être aussi l’expression d’un trouble comportemental secondaire, ou non, à une allergie.

Allergie : pas de test pour la détecter

« Les tests pour détecter une allergie alimentaire chez le chat, comme chez le chien d’ailleurs, sont encore à l’état d’ébauche, déplore le Dr Macherez. Actuellement, la seule possibilité réside dans un régime d’éviction. »

Il faut donc donner au chat une alimentation différente de ce qu’il a ingéré jusqu’à présent. On peut lui proposer une alimentation à base de protéines hydrolysées donc moins allergisantes. « Cette dernière doit être exclusive pendant 3 mois, prévient le vétérinaire, afin de voir si elle donne un résultat probant ou pas. Dans le cas d’une amélioration, elle est alors poursuivie. Dans le cas contraire, une autre alimentation hypoallergénique peut être tentée. »

Et si le chat ne va pas mieux ? « La réalisation de tests intra-dermo est plus difficile à réaliser que chez le chien, avertit le Dr Macherez. Quand un chat ne veut pas être immobilisé, il n’y a pas grand-chose à faire. » Et pourquoi, alors, ne pas pratiquer ces tests sous anesthésie générale ? « Parce que l’anesthésie peut poser des problèmes d’interprétation en faussant la lecture des résultats », dit le vétérinaire.

Peut-on désensibiliser un chat ?

Sans possibilité de réaliser des tests d’orientation, la désensibilisation du chat en cas d’eczéma peut être tentée ‘ à l’aveugle’. « Toutefois, on peut réaliser un diagnostic d’élimination, précise le vétérinaire. Sur Paris et dans les grandes villes, on peut penser aux acariens (peu probable en altitude), aux graminées qui sévissent toute l’année, et si c’est saisonnier, aux pollens. »

Contre les récidives : bien traiter son chat

Si le vétérinaire est prescripteur, c’est le maître qui soigne son animal.

« L’adhésion du maître, et la coopération de l’animal sont donc indispensables pour obtenir la guérison », précise le Dr Macherez.

Un chat, même s’il sort occasionnellement, et que sur le palier, doit être traité contre les parasites externes. « En 2020, les puces sont la première cause de maladies parasitaires », avertit le vétérinaire.

Or, un peu comme les poux sur la tête des enfants, une puce pond 30 à 50 œufs par jour ! Et si 5 % des puces sur l’animal sont des adultes, les œufs, les larves et les lymphes peuvent investir l’environnement du chat, c’est-à-dire ses maîtres, les fauteuils, les coussins, les canapés… et le sol, en particulier les parquets anciens. Les puces de parquet ne sont rien d’autres que des puces d’animaux qui ont contaminés l’appartement ou la maison ! 

Les erreurs à éviter

Les conseils du vétérinaire :

– Ne jamais utiliser un antiparasitaire pour chien sur un chat, en raison du risque de toxicité pour ce dernier.

– La pipette insectifuge, souvent à base de plantes comme le géraniol, est destinée à éloigner les parasites, mais s’ils sont déjà présents, elle ne les tue en aucun cas.

chat sphynx
© istock

Le cas particulier des ‘chats sans poils’

Le Sphynx, le Donskoy, le Peterbald sont des races de chats sans poils qui sont compliquées à traiter. Ils développent des maladies de peau en rapport avec la constitution de leur peau : sécheresse cutanée, champignons, levures… Il faut donc en prendre grand soin.

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