Pourquoi c’est important

La consommation de fructose a été multipliée par 100 au cours du siècle dernier. Elle est pointée du doigt concernant son implication dans les maladies métaboliques occidentales telle que l’obésité, le diabète de type 2 et la stéatose hépatique non alcoolique ou « maladie du foie gras ». Cette dernière est en pleine expansion dans les pays occidentaux.

Savoir comment les sucres, dont le fructose qui est particulièrement pointé du doigt dans la maladie du foie gras, agissent au niveau métabolique pour augmenter la production de graisses par le foie, est une question donc importante, en vue d’une meilleure prévention de la maladie mais aussi, peut-être de son traitement. Fin 2019, une étude avait trouvé un lien entre consommation élevée de fructose et des dommages dans les mitochondries, les centrales énergétiques de nos cellules. Ces dommages conduisaient à une plus grande synthèse de graisses par le foie tout en favorisant leur stockage.

Ce que montre l’étude

Une équipe de chercheurs de l’université de Pennsylvanie a étudié une enzyme clé, appelée fructokinase, qui contrôle le métabolisme du fructose. En manipulant génétiquement des souris, ils ont trouvé que l’abaissement des niveaux de cette enzyme dans l’intestin conduisait à des foies gras chez les souris. À l’inverse, l’augmentation du niveau de fructokinase dans l’intestin protégeait le foie d’une infiltration graisseuse. 

De plus, l’équipe a montré que la même quantité de fructose était plus susceptible d’entraîner un risque de stéatose hépatique lorsqu’elle était bue plutôt que mangée, ou lorsqu’elle était administrée en une seule fois, par opposition à des doses multiples réparties sur 45 min.

Ces données démontrent que le fructose induit la synthèse de graisses dans le foie lorsqu’il est ingéré dans des quantités et à des vitesses dépassant la capacité de l’intestin à le traiter et ainsi à protéger le foie.

Il reste toutefois encore à déterminer si ces résultats observés chez la souris s’étendent à l’homme. 

Lire aussi : Le sucre des boissons plus dangereux que celui des aliments ?

En pratique

Dans un contexte de surabondance d’aliments ultra transformés (AUT) souvent riches en fructose, il faut être vigilant en lisant les étiquettes. Les dénominations « sirop de fructose, sucre inverti, sirop de maïs, sirop d’érable ou d’agave, et miel » correspondent au moins en partie à du fructose. Il figure aussi pour moitié dans la composition du sucre (saccharose).
Cette étude souligne encore une fois la méfiance qu’il faut avoir vis-à-vis des boissons sucrées, y compris les jus de fruits 100% pur jus, qui permettent un afflux massif de fructose, susceptible de déborder la capacité de l’intestin à le métaboliser.
Rappelons que selon Anthony Fardet, l’auteur de Halte aux aliments ultra transformés, les AUT ne doivent pas dépasser 15% de notre ration calorique.

Des livres pour aller plus loin : Sucre, l’amère vérité et Le régime NASH contre la maladie du foie gras


Partagez :