Pourquoi c’est important ?

Plus on vieillit, plus on perd du muscle, phénomène physiologique inévitable, connu sous le terme scientifique de “sarcopénie”, du grec signifiant littéralement « perte de chair ». Or préserver sa masse musculaire est essentiel pour bien vieillir et limiter le risque de chutes et de fractures.

Le maintien de la masse musculaire résulte d’un équilibre entre la synthèse des protéines (anabolisme) et leur destruction (protéolyse ou catabolisme). Après un repas, l’anabolisme protéique doit compenser la protéolyse. Cependant, plus on avance en âge, plus l’anabolisme faiblit.

Les chercheurs s’accordent à dire qu’afin d’optimiser la synthèse protéique (et donc maintenir voire accroître son capital musculaire), il faut combiner des exercices physiques dits « de résistance » à un apport protéique suffisant et de bonne qualité.  

Or, dans certains contextes (alitement, blessure ou de maladie), l’activité physique est peu ou pas envisageable. Dans ces cas, quelles sont les meilleures stratégies nutritionnelles à adopter ?

Ce que montre l’étude

Les protéines consommées dans le cadre d’un repas complet seraient mieux assimilées que celles provenant de compléments alimentaires protéiques, pris hors repas.

Or la texture des aliments peut constituer un frein, en particulier pour les personnes ayant des difficultés de mastication. Une adaptation de la texture (hachage) permettrait alors une meilleure digestion et absorption des protéines.

Au-delà des problèmes de santé bucco-dentaire, la diminution de la perte d’appétit est fréquente chez les personnes âgées et résulte en un apport protéino-énergétique insuffisant. Le recours aux compléments alimentaires protéiques (composé d’un seul ou plusieurs ingrédients) peut alors s’avérer nécessaire.

Dans ces cas, selon des études menées sur les effets des protéines dérivées des produits laitiers, il semble que la protéine de lactosérum (« whey protein ») se distingue par une activité anabolisante supérieure à celle de la caséine. D’autres composants protéiques sont susceptibles d’améliorer l’anabolisme :

  • La prise isolée d’un acide aminé essentiel telle que la leucine, qui possède également un effet anti-catabolique
  • Le HMB (bêta-hydroxy bêta-méthylbutyrate), une substance dérivée de la leucine
  • La citrulline, un acide aminé non essentiel non protéinogène (c’est-à-dire qu’il ne rentre pas dans la construction des protéines) précurseur de l’arginine (acide aminé)
  • La créatine, un dérivé d’acide aminé très prisé par les adeptes de la musculation

Les oméga-3 peuvent également induire une construction musculaire plus rapide. L’EPA et le DHA en particulier, des oméga-3 que l’on trouve principalement dans les poissons gras comme la sardine ou le maquereau, augmentent la synthèse protéique dans les muscles, tout en réduisant leur dégradation.

En pratique

Une alimentation riche en nutriments, fournissant des niveaux adéquats en protéines de bonne qualité, est la principale stratégie pour protéger la masse musculaire chez les personnes âgées subissant des périodes d’inactivité. Si l’apport en protéines est un facteur important, le respect de l’équilibre acide-base semble important aussi. Une alimentation alcalinisante permettrait ainsi de limiter la perte musculaire liée à l’âge.

À l’heure actuelle, des recherches plus poussées se poursuivent afin d’identifier la meilleure stratégie nutritionnelle, en matière de complément alimentaire, à adopter en fonction du degré d’immobilité de la personne âgée.  

Toutefois, malgré l’avancée de l’âge, l’alimentation doit rester un acte essentiel de la vie quotidienne, une source de plaisir et, dans la mesure du possible, de convivialité.

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