Pourquoi c’est important

Depuis environ trois décennies, des nanomatériaux sont présents dans certains produits alimentaires. Ces ingrédients sont constitués de particules dont la dimension est comprise entre 1 et 100 nm.

Les nanomatériaux ont plusieurs fonctions en agroalimentaire. Ils sont souvent employés pour modifier la couleur, l’odeur, le goût et la texture des produits. Certains sont également utilisés comme antimicrobiens et d’autres pour les propriétés nutritives : c’est le cas du carbonate de calcium qui sert à enrichir en calcium des laits infantiles.

Les nanoparticules suscitent de plus en plus d’inquiétudes. Depuis janvier 2020, le dioxyde de titane (E171) est interdit en France. Employé comme blanchissant dans des dentifrices et des confiseries, il présente des effets cancérogènes démontrés chez l’animal. Mais dans quelle mesure les nanoparticules sont-elles présentes dans notre alimentation ?

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Ce que montre l’étude

L’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) publie sur son site Internet un bilan des travaux qu’elle a menés ces dernières années sur les nanomatériaux dans l’alimentation.

L’agence a recensé 37 substances employées en agroalimentaire, dans lesquelles la présence de nanoparticules est :

  • avérée, pour 7 substances : le carbonate de calcium, le dioxyde de titane, des oxydes et hydroxydes de fer, le silicate de calcium, les phosphates tricalciques, les silices amorphes synthétiques, des composés organiques et composites,
  • suspectée, pour 30 substances, dont l’aluminium, l’argent, l’or, le phosphate de magnésium, le citrate d’ammonium ferrique, les sels de sodium, de potassium…

De plus, l’Anses a trouvé 900 produits alimentaires contenant des ingrédients pour lesquels la présence de nanomatériaux est avérée. Parmi ces produits se trouvaient des laits infantiles (25,6 % des produits), des confiseries (15,6 %), des céréales de petit déjeuner (14,8 %) ou des barres de céréales (12,9 %). Ces analyses ont été faites avant la suspension de l’additif E171 en France.

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La présence de nanoparticules dans de si nombreux produits (souvent destinés aux enfants en plus) suscite des interrogations, d’autant plus que beaucoup d’incertitudes existent quant à leurs conséquences sur la santé.

Les nanoparticules se rencontrent dans l’alimentation, mais aussi dans les produits cosmétiques. Dans une étude parue en 2018, des chercheurs français s’inquiétaient du risque que représentent les nanoparticules d’oxyde de zinc pour le cerveau. Ces nanoparticules présentes dans des crèmes solaires sont si petites qu’elles franchissent la barrière hémato-encéphalique.

En pratique

Les nanomatériaux sont utilisés comme additifs dans des produits ultra-transformés de l’industrie agroalimentaire. Par exemple citons les additifs :

  • E170 : le carbonate de calcium,
  • E551 : le dioxyde de silicium ou silice amorphe, un antiagglomérant présent dans des confiseries, fromages fondus…
  • E341 : le phosphate tricalcique, utilisé par exemple comme antioxydant, émulsifiant, épaississant, agent levant, dans de nombreux aliments : produits de l’alimentation infantile, produits laitiers, céréales de petit déjeuner…

Pour les éviter, mieux vaut donc se passer autant que possible des aliments indutriels ultra-transformés qui sont associés par ailleurs à un risque plus grand de surpoids, de cancer,  de diabète, de vieillissement précoce et de mortalité toute cause, entre autres. Cela nécessite de bien choisir ses aliments au supermarché mais surtout de cuisiner soi-même des produits bruts ou peu transformés. 

Des livres pour aller plus loin : Halte aux aliments ultra-transformés, mangeons vrai, Le nouveau guide des additifs et Malbouffe – un député met les pieds dans le plat


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