La thyroïdite chronique lymphocytaire ou thyroïdite de Hashimoto, est l’une des hypothyroïdies les plus fréquentes : elle touche 10 femmes pour 1 homme et survient le plus souvent chez la femme âgée de 20 à 30 ans.

Dans cette maladie, la glande endocrine ne produit plus assez d’hormone thyroïdienne ce qui provoque une vague de dérèglements dans l’organisme, étant donné que la thyroïde et les hormones qu’elle produit sont essentielles pour la régulation de l’humeur, le contrôle du poids, du rythme cardiaque et de la digestion.

La baisse de production des hormones thyroïdiennes résulte de l’attaque de la thyroïde par des anticorps spécifiques, les anticorps antithyroperoxydase (anti-TPO) et les anti-thyroglobuline (AT). Ces anticorps ciblent deux éléments jouant un rôle essentiel dans le fonctionnement normal de la thyroïde :

  • Les anticorps anti-TPO sont dirigés contre la thyroperoxydase (TPO), la première enzyme à intervenir dans la synthèse des hormones thyroïdiennes à partir de l’acide aminé tyrosine.
  • Les anticorps AT sont dirigés contre la thyroglobuline, une protéine à l’origine des hormones T4 et T3, synthétisée dans les cellules folliculaires (thyréocytes).

Comment est posé le diagnostic ?

La thyroïdite de Hashimoto se caractérise par la présence d’un goitre (zone du cou gonflée due à une augmentation de volume de la thyroïde) indolore, généralement de volume moyen et homogène. Elle peut commencer par un épisode d’hyperthyroïdie mais elle évoluera toujours vers l’hypothyroïdie : la hashitoxicose. En effet, ce phénomène est le résultat de la destruction des cellules qui stockent normalement les hormones thyroïdiennes, qui sont libérées dans la circulation provoquant une hyperthyroïdie transitoire.

  • L’examen de première intention : TSH
  • L’examen de deuxième intention : T4
  • Bilan étiologique : anticorps anti-TPO, anticorps anti-Tg si anti-TPO négatifs
  • Échographie thyroïdienne : présence d’un goitre à l’imagerie
  • Scintigraphie : utile dans la première phase de la maladie

À lire aussi : Thyroïde : la TSH est-elle un bon indicateur de l’hypothyroïdie ?

Les symptômes courants

  • Fatigue notamment au réveil
  • Dépression et autres troubles psychologiques (anxiété, troubles obsessionnels compulsifs…)
  • Prise de poids due au ralentissement du métabolisme des graisses
  • Visage bouffi (lèvres et paupières) et doigts boudinés, notamment le matin au réveil
  • Goitre
  • Frilosité importante notamment au niveau des extrémités (nez, mains, pieds…)
  • Constipation
  • Douleurs au niveau des articulations, tendons, crampes musculaires
  • Sécheresse cutanée

Les facteurs de risque

  • Sexe féminin
  • Antécédents personnels ou familiaux de maladie de la thyroïde ou de maladie auto-immune (diabète de type 1, maladie cœliaque).
  • Grossesse
  • Ménopause
  • Tabagisme durant l’allaitement  
  • Carences nutritionnelles en iode, en sélénium et en zinc.
  • Excès d’iode
  • Médicaments traitant l’hyperthyroïdie
  • Chirurgie ou une radiothérapie de la thyroïde
  • Consommation importante d’aliments goitrogènes (choux, feuilles de moutarde, rutabaga, radis, manioc, patate douce, fèves de soja, arachides, millet, etc.).

Les causes possibles

  • Prédisposition génétique : présence de la maladie d’Hashimoto et d’autres maladies auto-immunes telles que le diabète de type 1 ou la maladie cœliaque dans la famille
  • Facteurs épigénétiques (alimentation, état psychologique, statut social, exposition à des substances toxiques)
  • Carences nutritionnelles : des carences en iode ainsi qu’en certains minéraux tels que le sélénium, le zinc et fer peuvent provoquer une inflammation de la thyroïde
  • Hypersensibilité alimentaire notamment au gluten
  • Fluctuations hormonales (notamment lors de la grossesse et de la ménopause)
  • Dysbiose et perméabilité intestinale
  • Infections bactériennes, virales, parasitaires


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