Pourquoi c’est important

Nous vivons actuellement une perte importante de biodiversité dans le monde, avec la sixième extinction d’espèces (en masse)  que la planète ait connue. Les insectes, les oiseaux, les mammifères… tous les grands groupes d’animaux sont touchés. Les activités humaines semblent responsables de cette perte de biodiversité.

Lire : Un million d’espèces menacées d’extinction

Même si des espèces disparaissent en masse dans le monde, il existe au niveau local des écosystèmes riches. C’est le cas par exemple des forêts qui abritent de nombreuses espèces animales et végétales différentes. Comment évoluent les espèces végétales des sous-bois ? Sont-elles préservées de l’impact des activités humaines ?

Ce que montre l’étude

Cette étude a été réalisée par un consortium européen, auquel ont participé deux chercheurs du CNRS. D’après le communiqué du Centre de recherche, les auteurs sont partis du constat suivant : « Les suivis à long terme des écosystèmes forestiers mettent en évidence un paradoxe : alors qu’à l’échelle globale, le nombre d’espèces végétales diminue, à une échelle locale, celui-ci a tendance à augmenter. »

Les auteurs ont voulu en savoir plus sur l’évolution de la flore herbacée dans les sous-bois européens. Ils ont étudié 68 relevés de flores effectués à différents intervalles (de 15 à 78 ans), dans des forêts de feuillus situées en climat tempéré : en France, au Royaume-Uni, en Allemagne, Suisse, Autriche, Pologne… L’étude est parue dans la revue Nature Ecology and Evolution.

Les résultats montrent que les espèces qui sont déjà répandues ont tendance à gagner du terrain, tandis que celles dont l’aire de répartition est limitée régressent : les espèces rares disparaissent tandis que les plus courantes gagnent de l’espace. Les auteurs ont aussi trouvé que ce phénomène est accentué par les pluies acides, qui se traduisent par des retombées d’azote dans la nature.

Les pluies acides sont liées aux rejets de dioxyde de soufre et d’oxydes d’azote dans l’atmosphère. Ces émissions artificielles proviennent de l’utilisation de combustibles fossiles par l’industrie (centrales à charbon…) ou les transports (voitures, camions…). Au contact de l’eau de pluie, ces gaz réagissent avec la vapeur d’eau et se transforment en acide sulfurique et en acide nitrique.

Ces acides restent en suspension dans l’air puis sont incorporés dans les précipitations et rendent les pluies acides. Les pluies acides favorisent l’usure de certains matériaux de construction, de statues… Au final, de l’azote tombe sur les végétaux. Les pluies acides accélèrent la disparition des espèces rares, au profit des espèces courantes ou exotiques, car celles-ci consomment plus d’azote. Les espèces courantes, comme l’ortie, aiment bien les sols riches en azote.

Comme les gaz voyagent dans l’atmosphère, les pluies acides peuvent retomber loin du site d’émission des polluants atmosphériques. Globalement, même si le nombre d’espèces peut rester stable dans un sous-bois, la biodiversité recule par raréfaction des espèces rares et la flore devient de plus en plus homogène.

Pour amorcer la transition écologique nécessaire à la diminution de la pollution, lire Famille en transition écologique


Partagez :