Tous les muscles sont entourés d’une membrane souple, « mais cette dernière est inextensible, précise le Dr Marc Rozenblat. Quand un muscle sursollicité gonfle, cela met cette membrane sous tension, avec une surpression des veines ce qui déclenche le processus douloureux, parfois très important. » Ce problème survient lorsque le muscle a besoin d’un apport plus important en masse sanguine.

Qui est concerné ?

Le syndrome des loges touche aussi bien les membres inférieurs que les membres supérieurs.

« Les sports de course, de ballon, le ski… sollicitent les membres inférieurs, précise le médecin du sport, et ceux de raquette, la gym, la natation… plus spécifiquement les membres supérieurs. »

Au fil des années, les muscles réagissant moins bien aux sollicitations des activités sportives, donc, plus on vieillit, plus on a de risques de souffrir d’un syndrome des loges.

« Toutefois, le syndrome des loges touche, en général, des personnes qui ont une pathologie de base liée à l’hémoglobine ou à leur morphologie musculaire, » précise le Dr Rozenblat.

« Le syndrome des loges survient lorsque la pression à l’intérieur de la loge musculaire augmente à 30 mm de mercure », informe le médecin du sport. Mais ce diagnostic est rarement un diagnostic de première intention.

« La douleur fait penser à une pathologie locale comme une lésion musculaire, une fibrose, une tumeur musculaire ou osseuse, énumère le médecin. » L’échographie, le scanner ou l’IRM ne permettent pas de diagnostiquer le syndrome des loges, mais d’éliminer les autres pathologies évoquées.

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« Le seul examen diagnostic concernant le syndrome des loges est la prise de pression à l’intérieur du muscle, explique le Dr Rozenblat. Cet examen se réalise uniquement dans les centres médicaux sportifs. Et le diagnostic est formel lorsque la pression est supérieure à 50 mm de mercure. »

« Le traitement repose sur l’arrêt des activités sportives qui ont déclenché le syndrome des loges, informe le médecin du sport. Il n’existe pas de traitements médicamenteux efficaces et il est conseillé de changer d’activité sportive. Lorsqu’il existe une gêne dans la vie quotidienne, on peut parfois avoir recours à la chirurgie, mais l’intervention chirurgicale ne réussit pas forcément à 100 %. »

Le traitement chirurgical du syndrome des loges

Il existe plusieurs techniques opératoires. « Il y a l’aponévrotomie qui consiste à couper la membrane qui entoure le muscle », informe le Dr Rozenblat. L’intervention se fait en ambulatoire sous anesthésie loco-régionale. « Le syndrome des loges peut aussi parfois être traité par une ténotomie intramusculaire », complète le spécialiste. Cette intervention consiste à allonger le muscle.

« Une rééducation chez le kinésithérapeute est alors nécessaire pour réhabituer le muscle à travailler, précis le médecin. Elle dure au moins six semaines et il faut compter environ deux mois pour retrouver une fonction musculaire satisfaisante. »

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