La colique néphrétique laisse un mauvais souvenir tant la douleur est forte. Elle s’explique par le blocage du rein (voir notre article). En temps normal,  l’urine s’écoule par les uretères, les deux canaux qui relient les reins à la vessie. Lorsque ce passage est bloqué, la rétention d’urine fait gonfler le rein. C’est cette pression qui est à l’origine de la douleur. 

Davantage de risques

Dans la plupart des cas, l’obstacle qui gêne le passage de l’urine est un calcul, une sorte de petit caillou composé de cristaux d’origine minérale. « La grossesse ne favorise pas spécialement les calculs rénaux. Mais le rein a tendance à se dilater. Du coup, le calcul bouge plus facilement. Le risque qu’il se bloque dans l’uretère est plus élevé », observe le Pr Olivier Traxer, urologue à l’hôpital Tenon (Paris) et membre du comité lithiase de l’Association française d’urologie.

Au cours de la grossesse, un autre phénomène peut se produire. En prenant du volume, le fœtus appuie parfois sur l’uretère droit, ce qui peut bloquer l’urine et déclencher la colique néphrétique. « En général, la douleur est moins violente, mais plus lancinante et plus persistante que dans une crise classique de colique néphrétique », remarque l’urologue.

Un traitement spécifique

Pour traiter la douleur, le médecin sera très prudent dans le choix des médicaments. Les anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS), traitement le plus efficace pour traiter une colique néphrétique, sont contre-indiqués pendant la grossesse. Seule solution : calmer la douleur à l’aide de paracétamol.

L’intervention chirurgicale reste possible, en cas de complications (l’apparition d’une fièvre par exemple). Elle consiste à poser un drain, par les voies naturelles et sous anesthésie générale. Cette sonde va permettre à l’urine de contourner le calcul et de s’évacuer. Elle sera retirée après la naissance du bébé, en même temps que le calcul. 

Au final, traiter une colique néphrétique en cours de grossesse présente de nombreuse difficultés. Le Pr Traxer conseille aux femmes enceintes, qui se savent sujettes aux calculs rénaux, d’anticiper le problème. « Vérifiez que vous n’avez pas de calculs et faites-les retirer avant de tomber enceinte. Car, après, nous sommes limités dans nos traitements. La plupart présentent un risque pour la mère et pour le bébé », rappelle-t-il. 

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