Le BDNF, une molécule aux multiples fonctions

Le facteur neurotrophique issu du cerveau BDNF (brain-derived neurotrophic factor) participe à la plasticité neuronale – essentielle pour l’apprentissage et la mémoire à long terme – et au maintien des fonctions cérébrales. Le BDNF est en effet essentiel pour la production de nouveaux neurones (neurogénèse), la croissance et la survie des neurones. Les concentrations en BDNF diminue naturellement quand on vieillit mais aussi, de manière plus alarmante, en cas de déclin cognitif léger, de dépression (1) ou encore de maladies de Parkinson et d’Alzheimer (2). Il est, de plus, considéré comme un biomarqueur des troubles neuropsychiatriques caractérisés par des modifications neurodégénératives (3). 

Une étude suggère que la diminution de la concentration sérique de BDNF serait impliquée dans l’apparition de déficits cognitifs chez des patients atteints de diabète de type 2 (4). Pour certains chercheurs, le BDNF serait même le facteur biologique qui expliquerait la relation entre dépression et diabète de type 2 (5). 

Comment augmenter ses niveaux de BDNF

Les études montrent que l’activité physique permet d’augmenter la concentration de BDNF et a donc un effet bénéfique sur la cognition et la prévention de maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer (6). L’exercice physique est probablement le meilleur moyen d’augmenter son taux de BDNF.

Le jeûne permet lui aussi d’accroître les taux de BDNF dans plusieurs zones du cerveau.

Pour en savoir plus, lire : Jeûner pour booster son cerveau ? (abonnés)

Certaines substances naturelles semblent aussi augmenter le taux de BDNF, c’est le cas du curcuma ou du bacopa (lire l’encadré pour en découvrir d’autres).

En revanche on connaît moins l’impact de méthodes corps-esprit comme la méditation de pleine conscience, le yoga, le taï-chi ou la cohérence cardiaque sur le taux de BDNF dans le cerveau. Ces techniques corps-esprit sont pourtant bénéfiques pour la santé mentale et les fonctions cérébrales chez les personnes en bonne santé mais également chez les personnes souffrant d’anxiété ou de dépression (7). Elles améliorent également la fonction cognitive et la mémoire chez des personnes âgées atteintes d’une déficience cognitive légère (8). 

Pour savoir si ces effets bénéfiques des techniques corps-esprit sur la santé cérébrale ont à voir avec le BDNF, des chercheurs ont réalisé une revue de la littérature scientifique s’intéressant à ce sujet et ont publié leurs résultats dans la revue Sports Medicine and Health Science

Quelques autres moyens d’augmenter le niveau de BDNF 
L’exercice physique, le jeûne et le bacopa permettent d’augmenter les niveaux de BDNF et d’obtenir ainsi des effets bénéfiques sur la santé cérébrale. Mais il existe d’autres façons d’augmenter le niveau de BDNF : 
– prendre un supplément d’extrait de fruit du caféier (9).
– consommer des polyphénols extraits des olives (10).
– s’assurer d’avoir des apports élevés en acides gras oméga-3 en particulier ceux issus des poissons gras comme les sardines ou les maquereaux (11).
Sachez aussi que la concentration sérique en BDNF varie avec les saisons : elle est plus élevée au printemps/été qu’en automne/hiver (12). 

Les méthodes corps-esprit et le taux de BDNF dans le cerveau

Les chercheurs ont regroupé 15 études parmi lesquelles 7 essais contrôlés randomisés menés sur des patients en bonne santé ou ayant des troubles variés allant de la schizophrénie à l’infertilité en passant par la dépression, une douleur dans le dos ou encore une déficience cognitive légère. Les interventions duraient de 3 à 6 semaines et mettaient en œuvre des programmes de méditation de pleine conscience, de yoga ou de taï-chi. Les résultats montrent que ces pratiques corps-esprit ont tendance à augmenter la concentration de BDNF dans des populations variées. 

Les autres études (non contrôlées ou non randomisées) ont été menées sur des adultes en bonne santé, dépressifs ou encore atteints de fatigue chronique. Les interventions – essentiellement du yoga et/ou de la méditation de pleine conscience – ont duré de 4 jours à 3 mois. Cette fois encore les résultats montrent que ces techniques permettent d’augmenter la concentration de BDNF. 

Ces résultats suggèrent que l’augmentation de la concentration de BDNF obtenue grâce aux techniques corps-esprit explique en partie les améliorations cognitives et les effets bénéfiques sur la santé cérébrale. 

Découvrez tous les moyens de garder de bons niveaux de BDNF et une bonne santé cérébrale dans Supernutrition du cerveau


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