Le gouvernement français a annoncé que les écoles commenceraient à rouvrir le 11 mai, une décision controversée, l’Académie de médecine préconisant au contraire une ouverture en septembre. La réouverture des écoles se fera dans des conditions strictes, avec imitation du nombre d’enfants par classe et maintien de la distanciation physique. Il faut noter que ces mesures n’ont pas été retenues par d’autres pays.
Parents et professeurs s’interrogent pourtant légitimement sur le risque d’envoyer des enfants à l’école. Sur la base des données disponibles, il apparaît faible.

L’impact réel de la fermeture des écoles

Tout d’abord, si la fermeture des écoles peut avoir un intérêt lors d’une épidémie de grippe, c’est beaucoup moins évident avec un virus comme le SARS-CoV-2. Ce virus est apparenté à celui du SARS de 2003, mais à l’époque, la fermeture des classes n’a guère eu d’impact sur le risque de transmission. 

Une étude de modélisation britannique a conclu que la fermeture des écoles a peu d’influence sur le cours de l’épidémie et ses conséquences, avec une diminution potentielle des décès de 2 à 4% au maximum.

En effet, les enfants constituent une catégorie de la population peu infectée par le coronavirus SARS-CoV-2. En Australie, où l’on dispose de chiffres précis, environ 2% des cas concernent des enfants.
Quand ils ont été infectés, la maladie leur a été transmise par les adultes. Pour autant, même malades, ils présentent généralement peu de symptômes, et des symptômes bénins. C’est le cas de 9 enfants sur 10 dans une étude chinoise.

Par ailleurs, très peu d’enfants sont décédés de la maladie COVID-19 (20 à 30 dans le monde à la fin du mois d’avril 2020).

Les enfants transmettent peu le virus

Surtout, les enfants semblent être un groupe de la population qui dissémine peu le virus, malgré ce qui a été pensé au début de l’épidémie. Selon une étude récente, moins de 10% des foyers de transmission avaient pour origine des enfants. C’est une différence importante avec la grippe, une maladie dont les enfants sont un vecteur important.

Une étude conduite en Australie dans le milieu scolaire a trouvé que des enfants malades n’avaient pas transmis le virus à d’autres. Cette étude sert de base aux recommandations australiennes de ne pas appliquer des mesures de distance physique dans les classes.

Pourquoi le retour à l’école peut être une bonne chose

Rouvrir les écoles, c’est permettre aux enfants de compléter leur éducation, de retrouver leurs amis, de renouer (dans certains foyers) avec une alimentation suffisante et/ou équilibrée et, toujours dans certains foyers, d’échapper à des formes de maltraitance physique ou psychologique. Le tout pour un risque faible d’alimenter un rebond de l’épidémie de Covid-19.

Lire aussi : Quelle vie après le confinement ? Les conseils de la Corée du Sud nous concernent tous


Partagez :