Pourquoi c’est important

Depuis le 17 mars 2020, la France, comme beaucoup de pays dans le monde, vit au ralenti en raison de la pandémie de  COVID-19. la population étant largement confinée chez elle. Le virus se propage moins vite car les contacts entre habitants ont été réduits. Le ralentissement de l’épidémie était une priorité des autorités afin d’éviter que les services de réanimation soient saturés. Mais plus de 21 000 décès dus au COVID-19 étaient enregistrés sur le territoire le 22 avril 2020.

Lire notre dossier : Les bons gestes face au coronavirus

À la fin du mois d’avril, le nombre de nouvelles hospitalisations diminue peu à peu, laissant entrevoir une sortie progressive du confinement à partir du 11 mai. Mais combien de personnes auront été en contact avec le coronavirus à cette date ? Sommes-nous proches de « l’immunité collective », qui pourrait être atteinte avec environ 70 % de la population infectée ? Risque-t-il d’y avoir une seconde vague épidémique ?

Ce que montre l’étude

Des chercheurs de l’institut Pasteur, du CNRS, de l’Inserm et de Santé publique France ont tenté de répondre à ces questions. Pour cela, ils ont analysé les données des décès et des hospitalisations en France, ainsi que d’autres données épidémiologiques, afin de proposer une modélisation pour l’avenir. Leurs résultats paraissent dans une prépublication en ligne, sur le site de l’Institut Pasteur.

À la date du 14 avril 2020, près de 72 000 hospitalisations ont été comptabilisées en raison du SARS-CoV-2 en France. La moyenne d’âge des patients hospitalisés était de 68 ans et celle des personnes décédées de 79 ans. Une fois hospitalisées, 18 % des personnes vont en soins intensifs, au bout d’un jour et demi en moyenne.Si, en tout,  2,6 % des personnes infectées par le coronavirus ont été hospitalisées, l’hospitalisation a concerné toutefois 31 % des hommes de plus de 80 ans.

L’étude montre :

  • L’efficacité du confinement pour ralentir la propagation du virus : au début du confinement, un malade contaminait en moyenne 3,3 personnes, contre 0,5 actuellement.
  • Le risque important de mortalité pour les personnes âgées : la mortalité des personnes infectées est de 0,5 %, mais de 8,3 % chez les personnes de plus de 80 ans (13 % chez les hommes de plus de 80 ans).
  • Une différence entre les sexes : les hommes sont plus hospitalisés que les femmes, ils entrent plus souvent en réanimation et leur mortalité est plus élevée. 56 % des personnes hospitalisées et 60 % des personnes décédées sont des hommes.

Le 11 mai 2020, les auteurs prévoient que 5,7 % de la population française, soit 3,7 millions de personnes, aura été infectée, avec des différences entre régions. L’Île de France et le Grand-Est, les deux régions les plus touchées, compteraient respectivement 12,3 et 11,8 % de personnes infectées par le coronavirus.

En conclusion, il n’y aura a priori pas d’immunité collective acquise le 11 mai, date prévue pour le début de déconfinement. Cela signifie qu’il existe un risque réel de seconde vague épidémique si les contacts entre habitants augmentent fortement. Cette étude nous invite donc à continuer à limiter durablement nos contacts, à maintenir les mesures de distanciation sociale et de protection, avec des masques.

Il faut cependant noter que les auteurs ont utilisé uniquement les données disponibles. Or tous les malades n’ont pas été testés, ceux présentant des symptômes ne nécessitant pas d’hospitalisation comme ceux qui peuvent avoir été infectés sans présenter de symptômes. L’immunité collective ne peut être vraiment appréciée que si un large échantillon de Français est testé.

Lire : Pourquoi tout le monde devrait porter un masque


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