La situation inédite que nous traversons depuis le début de la pandémie de coronavirus peut avoir des conséquences sur notre mental et sur notre corps. L’anxiété liée aux nouveautés du quotidien, au confinement, aux risques de santé, et à l’inquiétude pour nos proches n’est pas anodine. Et le cycle menstruel d’une femme peut en être déréglé.

En effet, le cycle féminin, de la libération de l’ovocyte jusqu’à son expulsion à travers les règles, est contrôlé par le cerveau, via le système nerveux central, et plus précisément “l’axe cortico-hypothalamo-hypophysaire”, explique la gynécologue Elisabeth Paganelli, secrétaire générale du Syndicat national des gynécologues et obstétriciens de France.

Quelques précautions à prendre

Or, “si la femme est stressée, l’hypophyse et l’hypothalamus ne secrèteront pas leurs hormones habituelles, nécessaires pour avoir un cycle régulier.” Ce contrecoup peut se produire lors d’un changement d’environnement, comme en cas de manque de lumière dans certains pays, dans le milieu carcéral, chez les jeunes filles parties vivre à l’étranger…et chez les femmes confinées.

Résultat : la femme remarque une absence de règles, appelée aménorrhée, des cycles longs et irréguliers, voire un dérèglement de l’ovulation. Faut-il s’inquiéter si on remarque des changements ? “Non”, répond la spécialiste, “mais il faut faire un test de grossesse en cas de rapport sexuels.”

En revanche, si un projet de bébé est déjà en cours, une téléconsultation avec un gynécologue est conseillée, pour faire le point sur la situation et mettre toutes les chances de son côté.

Un dérèglement sans dangers

Sur le long terme, “l’absence de règles, ou la répétition de cycles longs n’a aucune conséquence dans le contexte actuel”, rassure la gynécologue. Notre corps serait d’ailleurs en train de nous protéger d’une grossesse non désirée en essayant de freiner les ovulations, comme une sorte de contrôle hormonal dicté par le stress.

La bonne nouvelle pour les personnes qui souffrent de douleurs au moment du cycle menstruel est qu’en absence d’ovulation, les règles devraient être moins douloureuses.

En revanche, “si les règles sont douloureuses et que les crampes ne diminuent pas malgré la prise de 3 grammes de paracétamol par jour, il ne faut pas hésiter à téléconsulter un spécialiste“, indique Elisabeth Paganelli. Le médecin évaluera la situation et proposera, si nécessaire, un traitement adapté.

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