La distanciation sociale intelligente, c’est quoi ?

Partant du principe que la moitié des contaminations sont faites par les personnes asymptomatiques ou dans la phase pré-symptomatique de l’infection, des chercheurs de l’université d’Oxford, s’appliquent à créer une application permettant de prévenir les personnes qui auraient été en contact avec des personnes infectées par le Covid-19 afin qu’elles puissent se mettre en quarantaine avant l’apparition des symptômes. En effet, selon eux, « il est très peu probable que l’épidémie puisse être contenue en isolant uniquement les individus symptomatiques. »

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En quoi une application peut l’aider ?

Les approches actuelles de recherche des contacts prennent relativement trop de temps, et plus la recherche des contacts est longue, plus le virus a de temps pour se propager à d’autres personnes. Avec cette application, en revanche, la transmission des informations serait immédiate. Ce type d’application a déjà été mis en place dans les pays d’Asie, notamment en Chine et en Corée du Sud, pour recommander la mise en quarantaine aux individus en contact avec des proteurs du virus. Mais en Europe, les lois de liberté individuelle et de protection des données et la culture sont différentes et obligent à créer des applications un peu différentes.

Le Dr David Bonsall, chercheur de l’université d’Oxford et clinicien à l’hôpital John Radcliffe d’Oxford, explique : « le concept d’application mobile que nous avons modélisé mathématiquement est simple et n’a pas besoin de suivre votre position ; il utilise une version à faible consommation d’énergie avec le Bluetooth pour enregistrer dans une mémoire tous les utilisateurs de l’application avec lesquels vous vous êtes trouvés à proximité au cours des derniers jours. Si vous êtes ensuite infecté, ces personnes sont alertées instantanément et anonymement et on leur conseille de rentrer chez elles et de s’isoler. Les utilisateurs de l’application peuvent aussi décider de partager des données supplémentaires permettant d’aider les services de santé à atteindre les personnes qui en ont le plus besoin. »

Les limites de cette application

Les auteurs ont bien sûr considéré que toutes les personnes n’ont pas accès à un smartphone, et aussi que toutes celles qui en ont un ne téléchargeront pas forcément l’application. Leur recherche suggère néanmoins qu’une application de ce genre, combinée à d’autres mesures de distanciation sociale, pourrait jouer un rôle majeur dans la réduction du taux d’infection comme cela a été le cas dans d’autres pays.
Les chercheurs ont aussi bien évidemment pris en compte les questions d’éthique. Ils proposent de respecter une série de principes visant à assurer l’anonymat des données, la non-utilisation de la position des utilisateurs, la transparence de l’algorithme, etc. L’idée est aussi de ne pas imposer aux utilisateurs, et de partager les connaissances acquises avec les pays étrangers.


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