Le coronavirus ne se transmet pas par l’air. Il voyage via des microgouttelettes émises par la toux, la parole forte ou un éternuement, capables de se projeter jusqu’à un mètre de distance. Pour protéger sa santé et celle des autres, il est donc indispensable de rester chez soi, de respecter les distances de sécurité lorsqu’on est confronté à un public, de se laver les mains régulièrement, et d’éternuer et de tousser dans son coude.

Un masque grand public dit “alternatif”

De nombreux experts, comme le Pr François Bricaire, infectiologue, au micro de France Inter le 04 avril,  ont appelé à ce que chaque personne porte un masque quand elle se déplace. En citant en exemple l’Asie où, depuis de nombreuses années, le port d’un masque anti-projection par la population est à la fois une mesure de prévention et un acte de civisme en situation d’épidémie.

Le gouvernement français, qui dans un premier temps recommandait le port du masque uniquement aux malades et au personnel soignant en contact rapproché avec les malades, a fait évoluer cette stratégie. Il a suivi en cela l’avis de l’Académie de médecine, publié le 02 avril, qui recommande « que le port d’un masque “grand public”, aussi dit “alternatif”, soit rendu obligatoire pour les sorties nécessaires en période de confinement ». Il devra être maintenu quand le confinement sera levé. Une position réaffirmée par Emmanuel Macron le 13 avril qui a assuré que chaque Français pourra se procurer un masque grand public à compter du 11 mai, date de sortie du confinement strict.

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Quoi qu’il en soit, les particuliers ne peuvent toujours pas se procurer de masques dans les pharmacie, ceux-ci étant réservés exclusivement aux personnels soignants et sont de plus en quantité insuffisante pour répondre à leurs besoins. Face à cette pénurie, il reste une option pour tous les couturiers et bricoleurs : le masque fait maison. Mais comment procéder ?

Le centre hospitalier de Grenoble a publié mi-mars des patrons de couture (relayés par le Dauphiné Libéré)  à destination de son personnel soignant qui n’est pas en contact avec les malades Covid pour fabriquer ses propres masques en cas de “pénurie extrême”.

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Sur les réseaux sociaux, des groupes d’internautes proposent également des masques réalisés par leurs soins, ou donnent des astuces pour enrouler un foulard ou une écharpe autour de sa bouche et de son nez.

Un modèle de masque en tissu labellisé

Une pléthore de modèles aux qualités hétérogènes et parfois douteuses qui a conduit l’Association française de normalisation (Afnor) à mettre en ligne un guide de fabrication à destination des particuliers et des “néofabricants”Le document dispense des conseils pour l’utilisation et l’entretien des masques. Il détaille les exigences sanitaires minimales pour la fabrication industrielle et artisanale, les matériaux à privilégier, les dimensions, les types de brides et les tests à réaliser afin de s’assurer de la qualité du masque. Ce masque barrière labellisé répond à des critères validés par près de 150 experts. Le document, technique et destiné aux entreprises du textile et aux amateurs expérimentés, a été complété de plusieurs tutos, accessibles sur le site de l’Afnor. En voici deux.

Un tuto de masque en papier recommandé par l’Académie de médecine

Ce même souci d’exigences sanitaires pour fabriquer un masque le plus fiable possible a aussi conduit l’Académie de médecine à donner des indications pratiques de confection. Elle renvoie notamment à cette vidéo mise en ligne par un médecin du travail. Une serviette en papier, deux élastiques et une agrafeuse, c’est tout ce dont vous avez besoin pour réaliser un masque de protection en papier de “fortune”.

Cette même technique permet aussi de réaliser un masque en utilisant un foulard ou un bandana

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Prévenir les projections de postillons

Le masque en tissu fait maison est, comme le précise l’Afnor, moins ambitieux que les masques chirurgicaux ou les masques FFP2. Il permet de prévenir la projection de gouttelettes et doit donc être réservé à un usage non sanitaire. Ce qu’a d’ailleurs rappelé la Société française d’hygiène hospitalière  dans un avis publié le 14 mars en indiquant que le personnel hospitalier doit “éviter d’utiliser d’autres types d’écrans (masques en tissu, masques en papier, chiffons noués derrière la tête) à la place des masques chirurgicaux du fait de données scientifiques très rares concernant leur étanchéité “.

Moins de risque aussi de se toucher le visage

Pour les particuliers, le masque alternatif constitue un complément des indispensables gestes barrières face au coronavirus, une protection supplémentaire lorsqu’ils se déplacent ou travaillent. Il présente aussi un avantage non négligeable : il réduit les contacts entre des mains potentiellement contaminées en touchant des objets et la bouche ou le nez. Or, moins se toucher le visage, c’est réduire les points d’entrée du virus dans l’organisme.

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Laver le masque en tissu à 60 degrés

Pour qu’il soit efficace, le masque doit être bien positionné sur le visage. On ne le remonte pas sur le front ou sous le menton. On ne le conserve pas au congélateur, prévient l’Afnor. Et bien évidemment, on le lave chaque jour, à une température de 60° pendant 30 minutes minimum.

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