En temps normal, les alvéoles des poumons se remplissent d’air à chaque inspiration. Elles sont conçues pour permettre à l’oxygène de pénétrer dans le sang et au gaz carbonique d’être expulsé. Ces échanges gazeux se font par des vaisseaux sanguins très fins (appelés capillaires), séparés des alvéoles par une membrane. « Nous avons dans les poumons 100 mètres-carrés de surface alvéolaire », rappelle le Pr Bruno Housset, pneumologue au CHI de Créteil et président de la Fondation du souffle. 

L’œdème pulmonaire survient lorsque du liquide, issu de la circulation sanguine, traverse la membrane et inonde les alvéoles. 

Quelles sont les causes ?

Cet œdème peut être d’origine cardiaque ou inflammatoire

  • Dans le premier cas, le ventricule gauche du cœur ne remplit pas correctement sa fonction de pompe. Lorsque la pression devient trop forte, les capillaires n’arrivent plus à faire face et du liquide pénètre dans les alvéoles.  
  • Deuxième possibilité : une lésion de la membrane qui sépare les alvéoles des capillaires laisse passer du liquide. Dans cette situation, le problème n’est plus cardiaque, mais inflammatoire. C’est ce qui se produit, par exemple, dans le syndrome de détresse respiratoire aiguë lié au Covid-19, mais aussi dans certains sepsis (infection généralisée, anciennement appelée septicémie) graves. 

L’œdème pulmonaire peut avoir d’autres causes : la pré-éclampie chez une femme enceinte (augmentation anormale de la perméabilité capillaire et de la pression artérielle), le mal aigu des montagnes lié à l’altitude…

Quels sont les symptômes ?

La présence de liquide dans les poumons engendre un essoufflement très pénible.

« Les patients disent qu’ils suffoquent. Respirer leur demande un effort. C’est une véritable souffrance », témoigne le Pr Housset.

Cet essoufflement s’accompagne d’une toux sèche, très gênante et difficile à maîtriser. 

Ces symptômes peuvent survenir très brutalement, en quelques heures, comme dans le cas d’un syndrome de détresse respiratoire aiguë. Lorsque l’oedème pulmonaire est d’origine cardiaque, ils apparaissent en général plus progressivement, en quelques jours. 

À l’auscultation, le médecin entend des «râles crépitants» dans la poitrine. Ces bruits caractéristiques signalent que l’air a du mal à pénétrer dans les alvéoles. Le liquide qui a envahi les poumons se voit au scanner (la radiographie est peu sensible) et donne une image « en verre dépoli », selon le Pr Housset. 

Quels sont les traitements ?

Plusieurs solutions existent pour «vidanger» l’eau des poumons.

Soigner un oedeme pulmonaire d’origine cardiaque

« En cas d’œdème pulmonaire cardiogénique, on fait baisser la pression en donnant au patient des vasodilatateurs, des médicaments diurétiques qui vont lui permettre d’éliminer le liquide en excès. La morphine est parfois utilisée pour son effet vasodilatateur et pour calmer la gêne respiratoire », explique le Pr Housset. Il faut, en parallèle, traiter l’insuffisance cardiaque par des traitements spécifiques.

Soigner un oedeme pulmonaire d’origine inflammatoire

Cette stratégie est beaucoup moins efficace dans le syndrome de détresse respiratoire aiguë puisque le problème n’est pas la pompe cardiaque, mais l’inflammation. « Dans ce cas, le patient est placé sous ventilation pour que l’air qui pénètre, sous une pression aussi faible que possible, maintienne ouvertes les petites voies aériennes et les alvéoles, la machine prenant le relais des muscles respiratoires », explique le Pr Housset. En parallèle, des traitements anti-inflammatoires sont administrés et font encore l’objet d’essais thérapeutiques.

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