Pourquoi c’est important

Les autorités de santé ne s’accordent pas sur le moment idéal pour diversifier l’alimentation du nourrisson, avec des préconisations allant entre des 4 mois de bébé et ses 6 mois. En effet, l’introduction précoce d’aliments solides pendant la petite enfance a été associée à un risque accru d’obésité infantile, de stress oxydatif et de troubles immunitaires (allergies notamment), mais on ne sait pas encore pourquoi exactement.

>> Obésité infantile : la diversification alimentaire ne doit pas être trop précoce

Certains scientifiques suggèrent des altérations du microbiote intestinal du nourrisson comme explication possible. Des études sur les nourrissons ont en effet montré que les bactéries associées à un microbiote adulte commencent à dominer le microbiote du nourrisson après le sevrage. Ce qui laisse entendre qu’un sevrage précoce pourrait altérer prématurément les bactéries bénéfiques au nourrisson pendant une période critique du développement. 

Des chercheurs ont tenté d’en savoir plus dans une étude publiée dans BMC Microbiology.

>> Une réaction immunitaire cruciale se produit dans le microbiote quand bébé commence à manger solide

L’étude

Les scientifiques ont suivi 67 nourrissons durant leur première année de vie afin de comprendre les répercussions des étapes de la diversification alimentaire sur leur microbiote et plus généralement ses implications pour leur santé. Parmi ces bébés, 27 % ont commencé leur diversification avant 3 mois et 63 % plus tardivement (entre 4 et 6 mois).

Les chercheurs ont aussi relevé d’autres paramètres, notamment des données cliniques et paracliniques des mères, la prise d’antibiotiques, l’allaitement maternel, etc.

Pour leur étude, les chercheurs ont analysé le microbiote mais aussi les selles des nourrissons et plus particulièrement leur concentration en acides gras à chaîne courte (AGCC). Lorsqu’ils sont absorbés, les AGCC apportent une nourriture aux bactéries bénéfiques du microbiote, et gèrent de nombreux paramètres métaboliques (lipogenèse, glycémie, pression sanguine…). Cependant, des concentrations élevées d’AGCC dans les selles peuvent indiquer que ces métabolites sont excrétés plutôt qu’absorbés, ce qui suggère un déséquilibre (dysbiose) du microbiote.

Résultats : les bébés ayant été nourris avec des aliments solides de manière précoce présentaient des altérations dans la composition de leur microbiote intestinal et dans la concentration en AGCC de leurs selles, au moins jusqu’à leur premier anniversaire par rapport aux autres bébés.

À lire aussi : Les bénéfices de l’allaitement

En pratique

Selon Angélique Houlbert, diététicienne nutritionniste et auteure de nombreux livres de référence  dont Premiers repas, « le moment de la diversification peut être différent chez chaque enfant ». En effet, après 4 mois, c’est aux parents de déterminer si leurs enfants sont prêts ou non à manger solide grâce à des signes ne trompent pas : « Quand un bébé tient sa tête tout seul, qu’il commence à montrer un intérêt pour la nourriture, qu’il ferme la bouche sur une cuillère, qu’il peut s’asseoir avec un soutien, ou qu’il a encore faim après sa tétée ou son biberon habituel, c’est qu’il est certainement prêt à goûter de la nourriture solide » explique la spécialiste.

Découvrez les conseils d’Angélique Houlbert dans Premier repas


Partagez :