Pourquoi c’est important 

Les infections des voies respiratoires supérieures (IVRS) sont fréquentes chez les enfants âgés de 1 à 6 ans. En moyenne, les plus jeunes enfants déclareraient six à huit infections par an, pharyngite aiguë (mal de gorge), rhino-sinusite aiguë (symptômes nasaux), otite moyenne aiguë ou grippe (prédominance de symptômes généraux). La gravité et la fréquence des IVRS sont inversement proportionnelles à l’âge, ce qui suggère une augmentation de l’immunité par contact répété avec les virus responsables.

Dans une étude publiée dans Nutrients, des chercheurs ont tenté de savoir si le degré de transformation des aliments donné aux enfants pouvait ou non être un facteur d’incidence de ce type d’infection. En effet, selon Anthony Fardet, auteur du livre Halte aux aliments ultra-transformés ! MANGEONS VRAI, « une transformation excessive des aliments altère non seulement la composition en micronutriments des aliments, mais avant tout leur effet « matrice », comme dans les aliments ultra-transformés où cette dernière peut être totalement déconstruite puis artificiellement reconstruite à grand renfort d’ingrédients et/ou additifs cosmétiques. Or, la matrice des aliments complets peu transformés joue un rôle sur leur potentiel santé, en fournissant des fibres structurées à la microflore colique stimulant sa biodiversité et apportant des antioxydants qui leur sont liés, plus de mastication et donc plus de satiété, et une synergie d’action des composés protecteurs. »

Ce que les chercheurs ont trouvé

Parmi les 118 enfants âgés de 1 à 4 ans souffrants d’IVRS récurrentes prises en compte durant les 6 mois de l’étude, 58 ont bénéficié de soins classiques et de conseils diététiques alors que les 60 autres n’ont reçu que des soins standard sans modification de leur régime alimentaire. Les conseils diététiques consistaient en une consommation de légumes verts cinq fois par semaine, de la viande de bœuf trois fois par semaine, 300 mL de lait entier par jour et du pain beurré (beurre non allégé) tous les jours. La taille des portions était adaptée à l’âge des enfants.

Résultats : les enfants ayant suivi les préconisations diététiques ont enregistré 4,8 jours par mois avec des symptômes d’IVRS au cours des trois derniers mois de l’étude contre 7,7 jours dans le groupe de contrôle sans modification du régime alimentaire. De ce fait, le groupe d’enfants ayant suivi les préconisations a enregistré une moindre utilisation d’antibiotiques et une réduction significative du nombre de visites chez le médecin généraliste.

En pratique

Comment améliorer la qualité de l’alimentation servie aux enfants ? En achetant des aliments bruts que l’on cuisinera. On peut aussi acheter des aliments industriels, mais il faut être très vigilant. Se fier simplement au Nutri-Score ne permet pas réduire la quantité d’aliments ultra-transformés des assiettes de nos enfants. En effet, comme l’explique Anthony Fardet « Le Nutri-Score est basé sur un logiciel réductionniste, c’est-à-dire qu’il ne voit les aliments que comme une somme de nutriments (sucre, graisses, sel…) au lieu de les voir dans leur globalité. Autre défaut : il ne prend pas en compte les additifs et les ACE présents dans les produits. Les aliments sont certes un ensemble de nutriments mais pas uniquement. Par exemple 500 calories (kcal) d’un aliment peu transformé et 500 calories d’un aliment ultra-transformé ne vont pas avoir la même répercussion sur la santé ! »

>> Lire l’interview complète d’Anthony Fardet

D’autres outils existent notamment les classifications NOVA ou SIGA que certaines applications mobiles utilisent, comme Open Food Fact et Scan up.

Pour en savoir plus, lire : Bon & sain au supermarché et Le bon choix pour vos enfants
 


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