Le débat concernant l’utilité du port d’un masque contre le Covid-19 ne se pose pas dans certains milieux professionnels. Le personnel soignant, ainsi que les salariés des supermarchés et tout autre travailleur confronté à l’accueil du public, sont amenés à utiliser cette protection au quotidien.

Et pour offrir une protection maximale, le masque doit se fermer de façon hermétique, notamment au niveau du nez. Problème : dans un environnement stressant, humide et parfois chaud, cela peut entraîner un inconfort et des dommages cutanés.

D’après une étude publiée par le Journal of Wound Care en février 2020, la transpiration liée aux masques peut provoquer des frictions qui entraînent des problèmes de pression sur le nez et les joues, voire des lésions de la peau. La plaie ne pouvant être pansée, le risque d’infection augmente.

Des frottements désagréables

Sans arriver à ce stade, comment peut-on prévenir et soigner un inconfort plus ou moins grave ? “Les personnes souffrant déjà d’acné, d’eczéma, de rosacée, ou ayant une peau atopique, sèche et irritable, sont plus à risque”, indique Brigitte Milpied, dermato-allergologue à l’hôpital Saint-André de Bordeaux et membre de la Société française de dermatologie.

Le premier problème lié au port du masque au delà de six heures par jour est la dermite d’irritation. “Elle se manifeste par des rougeurs, une sécheresse, une sensibilité cutanée et, parfois, des démangeaisons, notamment au niveau de l’arête nasale. La tige métallique qui permet de bien fixer le masque appuie sur une zone du nez qui n’a pas l’habitude d’être autant sollicitée”, explique la spécialiste. Tout comme pour les personnes qui portent des lunettes la première fois, il faut un certain temps d’adaptation pour ne plus sentir le frottement.

La dermite d’irritation peut parfois s’étendre aux joues et sous le cou, en fonction de la sensibilité de la peau. La solution : appliquer une crème hydratante matin et soir, voire une crème cicatrisante pour les cas les plus gênants. “Et n’hésitez pas à contacter un dermatologue en téléconsultation en cas de doute”, ajoute Brigitte Milpied.

L’autre problème rencontré fréquemment par la dermato-allergologue est ce qu’elle appelle la “dermite de confinement“. “La peau est confinée sous le masque, occluse, et peut développer ou aggraver une folliculite ou une dermite séborrhéique.

« Les peaux naturellement grasses et acnéiformes vont avoir tendance à réagir. Dans ce cas, je conseille d’éviter les produits comédogènes comme les fonds de teint et des crèmes grasses, mal adaptés. »

Pour prendre soin de sa peau à problèmes lorsqu’on porte un masque à longueur de journée, la spécialiste recommande un nettoyage irréprochable matin et soir, un démaquillage quotidien, l’application d’une eau en spray pour apaiser les irritations, et d’une crème hydratante légère. Appliquer une crème trop grasse plusieurs fois par jour serait contre-productif.

L’allergie est très rare

Vous craignez que le masque provoque une réaction allergique ? Rassurez-vous, ce type d’allergie est très rare. La barre métallique au niveau du nez est garantie sans nickel, et n’est donc pas allergisante. “J’ai testé les masques moi-même à l’hôpital pour en être sûre !”, déclare Brigitte Milpied.

Les symptômes d’une éventuelle allergie sont l’aggravation de la dermatose malgré l’application d’une crème, une zone irritée de plus en plus étendue, voire l’apparition de squames, d’érosions. Dans ce cas, contactez un professionnel de santé, qui vous proposera un traitement adapté.

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