Depuis l’apparition des premiers cas de coronavirus en France, les personnes âgées ont été rapidement mises à l’écart. En effet, les seniors et les personnes immunodéprimées font partie des plus à risque face au Covid-19. Le contact avec cette tranche de la population est donc fortement déconseillé, dans un souci de protection.

Mais les recommandations de confinement ne sont pas toujours évidentes à mettre en place. Lorsqu’un de ses proches se trouve dans une situation de manque d’autonomie au niveau de la préparation des repas, de la toilette ou du ménage, il est impossible de le laisser livré à lui-même dans son habitation.

Dans ce cas, que peuvent faire les aidants pour limiter les risques de contagion, pour eux-mêmes et pour leurs proches ? Comment peuvent-ils les accompagner en toute sécurité, à la fois sur le plan moral et physique ?

Des gestes barrière essentiels

Frédérique Lapierre, infirmière générale et responsable du service de soin à domicile de l’Adiam, tient à rassurer ces soignants non-professionnels. “Si la personne confinée ne présente aucun symptôme, qu’il respecte les règles de sécurité, et s’il n’a aucun contact lors de ses éventuelles sorties, le risque est minime.”

Dans ce cas, il reste essentiel de se laver les mains avant et après chaque promenade, d’utiliser du gel hydroalcoolique, et d’enlever les chaussures lorsqu’on rentre chez soi. Pour plus de sécurité, il est possible de laver les vêtements à 60 degrés.

Une sécurité supplémentaire

“Si le senior est susceptible de croiser d’autres personnes sur son chemin, on va opter pour une sécurité supplémentaire avec des gants, un masque ou une écharpe, et des lunettes.” De cette façon, la transmission de gouttelettes d’une personne à l’autre est limitée.

Et enfin, “si une des personnes du foyer développe les symptômes du Covid-19, il faudra l’isoler dans une pièce séparée de la maison,  respecter les distances de sécurité, et on surveille attentivement l’évolution de la maladie”, conclut l’infirmière.

En tant que professionnelle, Frédérique Lapierre explique que les soignants “font au mieux, au vu de la situation exceptionnelle.” Des gestes barrière se mettent en place automatiquement, dit-elle, “on se protège comme on peut, on évite de se coller aux patients, on leur demande de tourner la tête pendant les soins, et on ne se parle pas en face à face.”

Limiter les activités anxiogènes

Sur le plan émotionnel, il peut arriver que la peur de la maladie réveille des angoisses difficiles à gérer. Dans ce cas, quels sont les bons réflexes pour apaiser le stress chez la personne âgée ? “Si possible, il vaut mieux limiter la télévision, qui est très anxiogène en ce moment”, conseille Anne Loriot, psychologue et formatrice, spécialiste du vieillissement et des soins palliatifs.

Privilégiez les activités plus calmes comme les jeux de carte ou la lecture, et aidez la personne à garder le lien avec ses proches. “Ne balayez pas ses émotions d’un revers de la main. Intéressez-vous à ce qui se cache derrière son angoisse, comme la peur d’une hospitalisation, de la mort, ou d’une perte d’indépendance.” En cas de stress accru, une téléconsultation avec un professionnel de santé peut être envisagée.

Accompagner sans imposer

La situation inverse peut également avoir lieu, quand le senior refuse de respecter les règles de confinement. Le huit clos du domicile compliqué à vivre, la résignation face au risque, ou le sentiment d’invulnérabilité au virus peuvent en être la cause. Les sorties se transforment alors en échappatoire.

La psychologue suggère dans ce cas d’opter pour un accompagnement en douceur. “Invitez la personne à s’exprimer sur les raisons de son comportement, et proposez-lui de l’aide sans vous imposer.”

Le droit au risque est une forme de liberté

En effet, dans certaines dynamiques familiales, il peut arriver que les rôles s’inversent. Les plus jeunes “donnent des ordres” à leurs parents, et deviennent très autoritaires dans un souci d’hyperprotection. Mais cette prise de pouvoir est dangereuse, car elle peut priver d’autonomie la personne âgée. “Chaque être humain a droit au risque, une fois qu’il est informé. Il s’agit d’une forme de liberté que nous ne pouvons pas leur nier”, conclut-elle.

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