L’étude a été menée par Kristian Andersen de l’Institut de recherche Scripps Research en Californie, Andrew Rambaut de l’Université d’Édimbourg en Écosse, Ian Lipkin de l’université de Columbia à New York, Edward Holmes de l’Université de Sydney et Robert Garry de l’Université Tulane de la Nouvelle-Orléans. Elle a été publiée dans Nature Medicine le 17 mars.

>> Covid-19 : la France fin mars comme l’Italie aujourd’hui ?

Mystérieuse mutation

Les chercheurs ont analysé les caractéristiques du virus pour tenter de reconstituer son évolution ; selon eux, deux scénarios sont possibles : soit une transmission directe et récente de l’animal à l’homme, pour laquelle les preuves manquent encore, soit un passage de l’animal à l’homme bien avant l’épidémie survenue à Wuhan, en Chine centrale, puis une transmission cryptique au terme de laquelle le virus a acquis un pouvoir infectieux important.

À lire aussi : Est-on immunisé contre le coronavirus après une infection?

Le coronavirus serait en effet porteur d’une mutation qui n’a pas été retrouvée chez la chauve-souris et le pangolin, les deux espèces animales soupçonnées d’avoir abrité le virus. Cette mutation a pu intervenir lors d’infections répétées chez l’homme.

L’étude écarte de manière quasi-définitive l’hypothèse d’un virus né dans un laboratoire et laisse entendre que le coronavirus a pu passer des animaux aux humains avant de devenir capable de provoquer des maladies chez l’homme. Le coronavirus de la chauve-souris soupçonné d’être à l’origine de la maladie a en commun plus de 96% des gènes du coronavirus SARS-CoV-2, mais le virus de la chauve-souris ne peut pas infecter l’homme. Il lui manque certaines caractéristiques de la protéine particulière de surface, appelée Spike S, pour se lier aux récepteurs des cellules humaines.

Des coronavirus avec une protéine Spike S similaire ont été découverts plus tard en Malaisie chez des pangolins, ce qui a conduit certains chercheurs à penser qu’une recombinaison de génomes s’était produite entre les virus de la chauve-souris et du pangolin. Mais la mutation du SRAS-Cov-2, n’est pas retrouvée dans les coronavirus des chauves-souris ou les pangolins, selon les auteurs de l’étude de Nature Medicine.

Cette mutation pourrait donner à la protéine Spike S une conformation très particulière, lui permettant d’interagir avec la furine, une enzyme humaine. Cette interaction permet de déclencher la fusion de l’enveloppe virale et de la membrane cellulaire humaine lors de l’exposition au virus, ce qui conduit à l’infection.

Il est possible que la mutation soit totalement d’origine animale, mais les chercheurs n’en ont trouvé aucune preuve directe, d’où le scénario alternatif d’un virus parent du SARS-CoV-2, se transmettant au fil du temps dans l’espèce humaine sans être détecté, jusqu’à acquérir le potentiel infectieux permis par la mutation de la protéine Spike S.
 

Lire notre dossier complet : Les bons gestes face au coronavirus


Partagez :