Pourquoi c’est important

Les personnes qui ont été malades sont-elles immunisées contre le virus ? La question mérite d’être posée parce que si c’est le cas, ces personnes seraient les plus à même pour remettre la société en marche après la levée d’un confinement. Par ailleurs, leurs anticorps pourraient être transférés aux malades pour les aider à guérir.

À lire aussi : Comment booster naturellement son immunité (Abonné)

La mémoire immunitaire 

La première ligne de défense du corps contre un virus pathogène s’appelle l’immunité innée : elle comprend les barrières naturelles que sont la peau et les muqueuses, mais aussi plusieurs substances destinées à lutter contre les microbes, comme les peptides antimicrobiens.

Cette immunité innée ne garde pas en mémoire l’agent infectieux. C’est le rôle de l’immunité adaptative, qui se déclenche plusieurs jours plus tard. Le point de départ est un anticorps appelé immunoglobuline M, dont le travail consiste à patrouiller et alerter le système immunitaire sur la présence d’intrus. En quelques jours, le système immunitaire sécrète un deuxième type d’anticorps, appelé immunoglobuline G, conçu pour reconnaître et neutraliser un virus spécifique.

Certaines personnes produisent vigoureusement des anticorps en réponse à une infection, tandis que d’autres en produisent moins.
Les anticorps générés en réponse à une infection par certains virus comme la polio ou la rougeole confèrent une immunité à vie. 

Une immunité transitoire

En ce qui concerne les coronavirus, on sait que d’autres virus de la même famille (4) sévissent en hiver, où ils sont responsables d’un rhume sur trois. Les anticorps dirigés contre ces coronavirus restent actifs pendant un à trois ans. 

La plupart des personnes qui ont été infectées pendant l’épidémie de SARS-CoV, un cousin du nouveau coronavirus, avaient une immunité de huit à 10 ans. Pour le MERS, l’autre coronavirus à l’origine de nombreux décès, l’immunité serait plus courte, probablement moins de deux ans.

Une étude sur des macaques infectés par le nouveau coronavirus suggère qu’une fois infectés, les singes produisent des anticorps et résistent à une nouvelle infection. Mais on ne sait pas pendant combien de temps.

Les chercheurs estiment que l’immunité contre le nouveau coronavirus pourrait se rapprocher de celle dirigée contre les coronavirus communs, soit un à trois ans. En cas de réinfection après cette période, les symptômes seraient probablement moins marqués car même en l’absence d’anticorps, des cellules du système immunitaire gardent une forme de mémoire de l’agresseur et peuvent monter une réponse rapide et efficace. 

À lire aussi : le guide pratique Immunité naturelle


Partagez :