Détecté à un stade précoce, le cancer du côlon ou du rectum (colorectal) se soigne très bien, avec plus de 80 % de guérison. L’important, c’est de connaître ses facteurs de risque et de pratiquer un dépistage tous les deux ans, dès l’âge de 50 ans. 

Plus de 90 % des cancers du côlon se développent à partir de polypes, de petites lésions pré-cancéreuses qui se forment sur la paroi intestinale. Une coloscopie permet de les visualiser et, éventuellement, de les retirer lors de l’examen, pour éviter qu’elles se transforment en cancer quelques années plus tard.

Tout le monde n’a pas le même risque

Nous ne sommes pas égaux face au risque de cancer du côlon. Schématiquement, on peut classer la population française selon trois profils :

1- Les personnes à risque très élevé

Elles représentent 1 à 2 % de la population. Ces personnes appartiennent à des familles qui se transmettent des maladies héréditaires dues à une mutation génétique, comme le syndrome de Lynch ou les polyposes familiales. Les personnes concernées se voient proposer une coloscopie tous les ans. 

2- Les personnes à risque élevé

Dans leur famille, des parents proches au 1er degré (père, mère, frère, sœur et enfants) ont eu un cancer colorectal ou des polypes intestinaux avant l’âge de 65 ans. Ces patients ont un «terrain génétique» qui les prédispose aux polypes et à ce type de cancer. « Ils présentent probablement une «faiblesse» de plusieurs gènes (polymorphismes) mais sans qu’aucune mutation délétère d’un gène spécifique soit détectée », explique le Pr David Tougeron, gastro-entérologue et spécialiste en oncologie digestive au CHU de Poitiers. Là encore, un suivi par coloscopie est fortement recommandé.

À quel âge faut-il démarrer ? « Les recommandations sont de commencer les coloscopies cinq à dix ans avant le cas le plus précoce dans la famille ; au plus tard à 40 ans. Par exemple, si votre père a eu un cancer du côlon à 40 ans, il faut commencer à faire des coloscopies à partir de 30 ans », répond le Pr Tougeron. Le rythme des contrôles par coloscopie varie de trois à cinq ans, selon les cas. 

Les patients souffrant de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, comme la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique, sont également à risque élevé de cancer colorectal. Eux aussi doivent être surveillés par coloscopie régulièrement.

3- Les personnes à risque moyen

Environ 80 % de la population française correspond à ce profil. Dans cette situation, l’âge est le principal facteur de risque de cancer du côlon. Ce risque augmente après 50 ans. C’est la raison pour laquelle un dépistage de sang dans les selles, à faire à domicile, est proposé systématiquement tous les deux ans, gratuitement, à toutes les personnes de 50 à 74 ans. « Si vous avez un cancer colorectal découvert grâce au test de dépistage, c’est environ 90 % de guérison, alors que si le cancer colorectal est découvert devant des symptômes (occlusion digestive par exemple), c’est seulement 50 % de guérison », rappelle le Pr Tougeron.

Surpoids, malbouffe, sédentarité : un risque supplémentaire

Une consommation excessive de viande rouge, de charcuterie et de graisses animales augmente le risque de développer un jour un cancer du côlon. « Le pire, ce sont les grillades qui contiennent des substances cancérigènes », souligne le gastro-entérologue. Les autorités sanitaires recommandent de ne pas consommer de viande rouge plus de deux fois par semaine. À l’inverse, augmenter ses apports en fruits et légumes, en calcium et en fibres a un effet protecteur.
Le surpoids et l’obésité conduisent à une inflammation chronique et une prolifération cellulaire dans différents organes, dont le côlon, ce qui favorise l’apparition d’un cancer.

La sédentarité affaiblit les défenses immunitaires ce qui crée, là encore, un terrain favorable au développement de cellules cancéreuses. Des études scientifiques ont montré que la pratique régulière d’une activité physique, comme 30 minutes de marche par jour, diminue le risque de cancer colorectal d’environ 25 %. 

L’alcool et le tabac, cumulés à d’autres paramètres comme le surpoids, la malbouffe et la sédentarité, multiplient les risques de tumeurs du côlon. 

Diarrhée, constipation : restez vigilants

« Les troubles fonctionnels intestinaux, comme la diarrhée et la constipation, n’augmentent pas le risque de cancer du côlon, mais il faut être vigilant dans certains cas », observe le Pr Tougeron. Tout changement inhabituel dans le transit doit alerter, par exemple une constipation plus importante que d’habitude, à plus forte raison l’apparition de sang dans les selles. Dans ce cas, une coloscopie s’impose. 

À lire aussi


Partagez :