Depuis l’annonce du Président de la République, Emmanuel Macron, prononcée le 16 mars 2020 au soir, les Français organisent leur quotidien afin de vivre confinés pendant deux semaines. Le but : mettre un terme à la circulation du COVID-19 au sein de la population. Certaines priorités se dessinent. Il faut occuper les enfants, rester en lien avec ses proches les plus fragiles, faire du sport, et parfois travailler à distance.

Quel est le dénominateur commun de toutes ces actions ? Les écrans. Les plus jeunes suivent leurs cours et passent du temps en ligne, les appels vidéo se font sur smartphone, les vidéos de sport prolifèrent, et le travail à distance se fait dans la majorité des cas via un ordinateur. Cette situation inédite va-t-elle donc nous plonger dans une dépendance encore plus forte aux écrans ? Il existe des solutions pour éviter de sombrer dans l’addiction.

Et pour le psychiatre Serge Hefez, le premier réflexe à avoir consiste à respecter certaines règles. “Les écrans en soi ne sont pas forcément mauvais, tout dépend de la manière dont on les utilise.” Les chaînes d’information, par exemple, nous permettent de rester au courant. Mais les laisser allumer toute la journée peut provoquer une forme d’addiction qui anéantit notre pensée. “Tout ce qui est extrêmement répétitif, ritualisé, et qui capte toute notre sensorialité, va court-circuiter nos mécanismes de réflexion et déclencher un effet addictif.” 

Des astuces anti-addiction

Les applications de jeux vidéos qui nous font répéter les mêmes gestes à l’infini sont dont à limiter au maximum. Et pour cause, ils sont souvent conçus pour stimuler la production de dopamine par le cerveau, et nous poussent à passer de plus en plus de temps sur l’écran. Pour lutter contre cette habitude, prenez une feuille et un stylo, et notez toutes les activités que vous aimeriez faire si vous aviez plus de temps. Vous reposer, lire, faire du sport, trier ses vêtements, ou apprendre une nouvelle langue sont des passe-temps qui peuvent vous motiver à passer moins de temps sur un smartphone ou une tablette.

Il existe également des paramètres de temps d’écran qui permettent de limiter l’accès à certaines applications ou à les verrouiller à certains moments de la journée. Une autre astuce pour rendre ces applications moins attrayantes consiste à changer les paramètres de l’appareil pour que l’image s’affiche en noir et blanc.

Accompagner les plus jeunes

Et si pour les adultes, limiter le temps passé sur des applications addictives n’est déjà pas simple, les enfants rencontrent encore plus de difficultés. “Il est important de continuer à respecter les mêmes règles valables en temps normal, comme la 3-6-9-12“, indique Serge Hefez. Pour rappel, cette règle interdit (ou limite au maximum) tout écran avant 3 ans, interdit la console de jeu portable avant 6 ans, interdit l’utilisation d’internet avant 9 ans, et interdit l’utilisation d’internet sans accompagnement avant 12 ans. “En gros, évitons toujours de laisser les enfants livrés à eux mêmes devant les écrans. Essayons de les accompagner et de faire des choses ensemble.”

Autre point important : “Savoir dire ‘stop’ avec fermeté, tout en proposant autre chose, comme des jeux de société, des puzzles, des coloriages et toute autre activité manuelle.” L’essentiel n’est pas le type de jeu qu’on choisit, mais le simple fait d’être ensemble. Le psychiatre rappelle que cette épidémie peut être une source d’angoisse pour les plus jeunes. Ayant encore du mal à exprimer leur stress, ils peuvent adopter des comportements “insupportables” ou à l’opposé, “trop sages”. La présence du parent est essentielle pour soulager cette inquiétude.

Inutile donc de culpabiliser si le smartphone est souvent dans les mains de chaque membre de la famille, surtout s’il est utilisé pour appeler les grands-parents. Une utilisation en pleine conscience et une surveillance des tout petits permettent de garder assez de distance pour profiter de ces appareils pour ce qu’ils sont : des véhicules de contenu.

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