Après son expansion explosive en Chine, la contamination au coronavirus SRAS-CoV-2, maintenant Covid-19, a déferlé sur l’Europe avec des proportions de contamination et de décès très variables selon les pays. L’Italie notamment, puis maintenant la France, paient un lourd tribut à cette diffusion. Le décalage observé entre ces deux pays permet de préfigurer la situation en France dans quelques jours ou semaines.

Les données publiées ces deux semaines passées dans le bulletin journalier de la Santé Publique permettent d’anticiper le développement du virus en France à partir de celui en Italie par une modélisation simple en reculant dans le temps la situation française et en la comparant à la situation actuelle de l’Italie. Bien sûr, les mesures annoncées le 12 mars par le Président français (fermeture des écoles), et le 13 par le Premier ministre (interdiction des rassemblements de plus de 100 personnes) pourraient avoir une influence sur ces évolutions.

12000 cas attendus

On constate (figure de gauche) qu’en reculant dans le temps (en vert) le niveau français actuel (en jaune) de contamination, une modélisation polynomiale (pointillés vert) prévoit que cette situation deviendra superposable à l’italienne dans une semaine. On devrait avoir environ 11-12 000 cas de coronavirus en France vers le 20 mars 2020.

Proportionnellement moins de décès qu’en Italie

En procédant de même (figure de droite) avec les décès (DC), une certaine superposition intervient en environ 9 jours, avec environ 350 décès, mais avec une différence sensible avec la courbe italienne en termes de pourcentage de léthalité.

Le rapport des décès aux contaminations est en effet presque double en Italie comparé au reste du monde :

 Cette différence peut s’expliquer par :

  • la surmortalité d’un plus grand nombre de personnes âgées, l’Italie étant le pays le « plus vieux » d’Europe ;
  • la sous-évaluation du nombre de porteurs asymptomatiques ou à bas bruit, mal comptabilisés ;
  • la qualité des soins en Italie, reconnue comme performante au jour le jour mais dépassée en pandémie par des infrastructures insuffisantes.

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