Face à l’épidémie du Covid-19 qui sévit en France, le Gouvernement a pris de nombreuses mesures de “restrictions sociales”. Pourtant le nombre de personnes infectées continue d’augmenter. Pour suivre au mieux l’évolution de la maladie sur le territoire et de l’ampleur des mesures nécessaires, le Gouvernement a autorisé, samedi 7 mars  au Journal Officilel, les laboratoires de ville (avec un niveau de sécurité dit LSB2) à réaliser les prélèvements et les tests de dépistage. Dans les faits, tous les laboratoires ne procèderont pas à ces tests. Par mesure de précaution, seuls certains “plateaux techniques” centraliseront les échantillons des laboratoires français pour les analyser. Jusqu’à présent, seuls les laboratoires hospitaliers pouvaient proposer des tests.

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En quoi consiste le test de dépistage du Covid-19 ?

“Il s’agit de détecter un brin d’ARN appartenant au coronavirus SARS-CoV-2 à l’origine du Covid-19”, explique le Dr François Blanchecotte, Président du Syndicat des biologistes. Pour confirmer ou infirmer la présence du virus, on prélève des cellules nasales profondes à l’aide d’un écouvillon spécifique, une sorte de long coton-tige que l’on insère dans les cavités nasales. Seuls deux types de professionnels de santé sont habilités à faire ce prélèvement : les infirmières et les biologistes – qu’ils soient pharmaciens ou médecins.

Il s’agit d’un test non invasif qui “ne prend que quelques secondes et peut être plus ou moins douloureux en fonction de la sensibilité de chaque patient”, précise le spécialiste qui souligne l’existence de nombreux tests. En effet, si le plus répandu reste à ce jour le test développé par l’Institut Pasteur et diffusé dans les principaux CHU de France, d’autres sont toujours en demande d’autorisation (NovacytEurobio Scientific, bioMérieux…). 

À noter : Le Covid-19 fait parti de la même grande famille des Coronavidae, comme le MERS ou le SRAS. Cependant, les tests de diagnostics sont propres à chaque virus responsable d’infections respiratoires. 

Qui peut passer ce test ? Sous quelles conditions ?

Actuellement, au stade 2 renforcé, si vous présentez des symptômes (toux, fièvre, courbatures) qui peuvent orienter vers le Covid-19, le Samu Centre 15 est la seule autorité à appeler. Sur décision du Gouvernement, pour éviter la saturation des hôpitaux, “le test est réalisé uniquement en cas de suspicion de la maladie, validée par le SAMU et un infectiologue référent”. Dans les territoires où le virus circule activement, le dépistage systématique a d’ailleurs été levé pour privilégier la prise en charge de patients fragiles et sévères. Seules les personnes à risque, ayant voyagé dans une région à risque ou ayant été en contact avec un malade seraient dépistées. 

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“Lorsque l’on passera au niveau 3, il sera possible de passer par un médecin généraliste (en consultation directe, ou en téléconsultation) pour obtenir une prescription et passer un test”, indique le Dr François Blanchecotte. En fonction de votre état, si le médecin suspecte une infection au coronavirus, il vous dirigera vers un hôpital en cas de complications. “Si vos symptômes sont légers ou prêtent à confusion, le médecin demandera par ordonnance qu’un professionnel de santé ou biologiste se déplace à votre domicile pour effectuer des prélèvements”, précise-t-il. 

Rappel : ce test de dépistage sert à détecter une charge virale caractéristique de la maladie Covid-19 pour isoler les patients contaminés. Il permet également de déterminer à quel moment une personne contaminée est bel et bien guérie et débarrassée du SARS-CoV-2. Deux missions essentielles pour limiter la propagation du virus.

Où peut-on faire le test de dépistage au Covid-19 ?

Depuis le début de l’épidémie, ce test est réalisé uniquement dans des centres hospitaliers universitaires. Mais samedi 7 mars, le Gouvernement a publié un arrêté autorisant les laboratoires de ville à effectuer des “prélèvements nasopharyngés”, dans le cadre du dépistage du Covid-19. La manipulation de ces échantillons respiratoires devra néanmoins se faire dans un laboratoire LSB2, certifiés PSM2. 

Pour autant, il n’est pas question de se rendre en laboratoire (ni même aux urgences ou chez son médecin) pour demander à passer un test de dépistage, sous prétexte d’être inquiet. Cela vaut d’autant plus si l’on présente des symptômes de la maladie. 

Les laboratoires réclament plus de précisions et de moyens.

Dans les faits, les laboratoires ne sont pas prêts à prendre en charge des patients suspectés d’être atteints du Covid-19. “Toutes les dispositions n’ont pas encore été prises par les autorités sanitaires pour permettre aux laboratoires médicaux de ville de procéder aux tests diagnostics du Covid-19 dans des conditions de sécurité acceptables pour les patients et le personnel”, indique le Syndicat des biologistes dans un communiqué.  

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“Il y a près de 4 200 sites de laboratoires en France dans lesquels on reçoit le public. On ne peut pas accueillir un patient dans nos salles d’attente qui risque de contaminer l’ensemble des patients et nos personnels. Cela affaiblirait la chaîne de soins et le système de santé dans son ensemble”, précise le Dr François Blanchecotte pour qui cette mesure pose également la question de l’approvisionnement en matériel médical.

À noter : L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) ainsi que la DGS (Direction générale de la santé) doivent préciser quels tests pourront être autorisés en laboratoire de ville sur le territoire français. 

Combien de temps pour obtenir les résultats?

Trois à cinq heures sont nécessaires pour analyser un échantillon. L’arrêté précise que les résultats des tests doivent être transmis au patient sous 24h00

Quel tarif fixé pour le test de dépistage ?

Le test réalisé en laboratoire de ville sera facturé 54 euros et remboursé à hauteur de 60 % par la Sécurité sociale. La somme restante sera prise en charge par les mutuelles. Jusqu’à présent, les tests de dépistage réalisés en milieu hospitalier étaient facturés dans le cadre de la Tarification à l’activité (T2A), certains au prix de 135€.

“Il faut que les Français prennent conscience de leurs responsabilités. Il ne faut pas prendre de risque pour soi, et pour les autres surtout. C’est cette conscience collective qu’il faut avoir les uns envers les autres.”

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