Le double Prix Nobel Linus Pauling voyait en la vitamine C à haute dose un « médicament » contre le cancer. Deux articles récents, des analyses d’études, semblent abonder dans son sens. Selon elles, la vitamine C administrée par voie intraveineuse et à haute dose pourrait avoir une action anti-tumorale et améliorer la qualité de vie des patients et la gravité des symptômes. Elle diminuerait également la toxicité liée aux traitements d’immunothérapie.

Dans une revue systématique récente parue dans le journal Integrative Cancer Therapies (1), les auteurs rapportent que la vitamine C administrée par voie intraveineuse n’interfère pas avec les traitements anti-tumoraux et n’augmente pas la toxicité et qu’elle pourrait même retarder une éventuelle rechute, améliorer la réduction de la masse tumorale et améliorer la survie en association avec la chimiothérapie. La vitamine C en intraveineuse améliorerait en outre la qualité de vie des patients en diminuant certains effets secondaires du traitement (fatigue, nausées, insomnies…).

Lire : Cancer : la vitamine C aide à mieux tolérer une chimiothérapie

Dans une autre étude parue dans le Journal of Translational Medicine (2), les auteurs rapportent les effets bénéfiques de la vitamine C sur la diminution de la toxicité liée à l’interleukine-2.

L’interleukine-2 est utilisée dans l’immunothérapie notamment dans le traitement de certains cancers du rein et de mélanomes : elle stimule les défenses normales de l’organisme afin que celui-ci lutte contre la tumeur maligne et la détruise. Mais l’interleukine-2 présente des effets secondaires sévères, essentiellement le syndrome de fuite vasculaire qui oblige parfois à interrompre le traitement. Le syndrome de fuite vasculaire est caractérisé par hypotension, œdème pulmonaire, hydrothorax, accumulation de liquide dans l’abdomen…Les effets secondaires s’apparentent en fait à un syndrome de réponse inflammatoire systémique, une forme d’état septique.

Parallèlement, des études cliniques et sur des animaux ont montré que l’interleukine-2 provoque également une baisse importante des taux de vitamine C dans le sang. La vitamine C peut devenir pratiquement indétectable. En cas d’administration de vitamine C, une diminution de la toxicité liée à l’interleukine-2 est obtenue. En effet, la vitamine C protège les cellules endothéliales de l’inflammation intervenant dans le syndrome de fuite vasculaire et améliore l’état septique.

La vitamine C possède l’avantage de ne pas interférer avec les effets thérapeutiques du traitement mis en place.

A noter que certaines études n’ont pas trouvé d’effet bénéfique de la vitamine C par voie orale. Il semble désormais bien établi que les différences entre les deux voies d’administration, orale et en intraveineuse, expliquent, en tout cas en partie, ces résultats. Seule la voie intraveineuse peut entraîner des concentrations tissulaires élevées.

Les auteurs soulignent toutefois que d’autres études seront nécessaires pour confirmer ces résultats encourageants Les éléments en faveur de la vitamine C comme agent anti-cancer justifient selon eux la mise en place d’essais cliniques de grande envergure.

Lire aussi : Vitamine C et cancer : Pauling avait-il raison?

Sources

(1) Fritz H, Flower G, Weeks L, Cooley K, Callachan M, McGowan J, Skidmore B, Kirchner L, Seely D. Intravenous Vitamin C and Cancer: A Systematic Review. Integr Cancer Ther. 2014 May 26. pii: 1534735414534463. PMID: 24867961

(2) Samuel C Wagner, Boris Markosian, Naseem Ajili, Brandon R Dolan, Andy J Kim, Doru T Alexandrescu, Constantin A Dasanu, Boris Minev, James Koropatnick, Francesco M Marincola and Neil H Riordan. Intravenous ascorbic acid as an adjuvant to interleukin-2 immunotherapy. Journal of Translational Medicine 2014, 12:127


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