Pourquoi c’est important

La borréliose de Lyme est la maladie vectorielle la plus fréquente dans l’hémisphère Nord. Elle est causée par une bactérie spirochète de l’espèce Borrelia burgdorferi qui se transmet par la morsure de tiques. En France, le nombre de cas de maladie de Lyme a augmenté en 2018 par rapport à 2017.

Après une morsure de tique, si le patient présente un érythème migrant ou d’autres symptômes, le médecin lui prescrit des antibiotiques pendant au moins deux semaines. La plupart des patients se rétablissent après ce traitement, mais certains continuent à présenter des symptômes à long terme tels que : fatigue, douleurs articulaires, problèmes neurologiques, palpitations cardiaques…

Dans ces cas, la bactérie persiste dans l’organisme malgré les traitements antibiotiques et le chemin est alors long pour retrouver la santé. Il est donc important de trouver de nouveaux traitements.

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Ce que montre l’étude

Dans cette étude préclinique parue dans la revue Frontiers in Medicine, des chercheurs américains ont voulu savoir si les extraits de 14 plantes étaient efficaces pour tuer la bactérie Borrelia burgdorferi. Ils ont comparé l’action de ces plantes à celle des antibiotiques doxycycline et céfuroxime. Les expériences ont eu lieu in vitro, en mettant en présence au laboratoire les extraits de plantes et les bactéries, soit libres, soit en microcolonies.

La bactérie Borrelia peut changer de morphologie et former des microcolonies, ressemblant à des biofilms. Sous cette forme, elle persiste dans une phase stationnaire. Les antibiotiques sont peu efficaces contre les bactéries organisées en biofilms : ils agissent plutôt sur les formes qui se divisent activement.

Par rapport aux antibiotiques, certaines plantes présentaient une bonne activité contre la bactérie, à savoir : le noyer noir Juglans nigra, l’armoise annuelle Artemisia annua, la liane du Pérou Uncaria tomentosa  (appelée en espagnol « griffe de chat »), le ciste Cistus incanus et la scutellaire de Baïkal Scutellaria baicalensis.

Mais les deux plantes les plus efficaces étaient la renouée du Japon (Polygonum cuspidatum) et la quinine du Ghana (Cryptolepis sanguinolenta). La renouée du Japon est utilisée dans des remèdes traditionnels indiens et chinois, elle contient du resvératrol. Cryptolepis sanguinolenta, aussi appelé nibima ou kadze, est un buisson d’Afrique de l’ouest qui contient de la cryptolépine, une molécule antimicrobienne. Au Ghana, les racines de cette plante sont traditionnellement utilisées contre le paludisme.

Même à de faibles concentrations, les extraits de ces deux plantes détruisaient les microcolonies de Borrelia et inhibaient la division cellulaire de la forme libre de la bactérie. En 7 jours, une solution de quinine du Ghana à 1 % détruisait toutes les bactéries, alors que les antibiotiques ou d’autres plantes ne permettaient pas d’éradiquer toutes les cellules.

Ces résultats suggèrent que ces plantes pourraient aider à lutter contre les formes persistantes de Borrelia. Mais il faudra d’abord les tester sur des animaux et dans des essais cliniques.

En pratique

Les tiques sont surtout présentes du printemps à l’automne, dans les forêts et les herbes hautes, en-dessous de 1500 m d’altitude. Si vous randonnez en forêt, empruntez des sentiers dégagés et portez des vêtements couvrants et des chaussures fermées. Une fois votre promenade terminée, vérifiez que vous n’avez pas de tique sur votre corps. Inspectez  régulièrement vos chiens et chats. Si vous trouvez une tique, retirez-la à l’aide d’un tire-tique. Si un érythème migrant ou d’autres symptômes apparaissent, consultez votre médecin. 

Voir aussi : nos conseils pour prévenir la maladie de Lyme

Des livres pour aller plus loin : Lyme – les solutions naturelles et Soigner Lyme et les maladies chroniques inexpliquées


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