En France, plus de 10 000 personnes découvrent chaque année qu’elles sont atteintes d’un cancer de la thyroïde. Le nombre de cas est en augmentation. Il a progressé de plus de 4 % entre 1990 et 2018, selon les données issues des registres des cancers publiées en juillet 2019. Le cancer de la thyroïde évolue silencieusement. Les symptômes tangibles n’apparaissent qu’à un stade avancé de la maladie. 

Des nodules pas toujours palpables

Très souvent les nodules, de petites tumeurs qui se forment au sein de la glande, sont découverts par hasard, lors d’un examen radiologique au niveau du cou. Environ 30 % d’entre eux peuvent être palpés sous la peau. La présence de nodules n’est pas forcément inquiétante. Loin de là. Seuls 10 % environ sont réellement des tumeurs cancéreuses.

Peu de signes d’alerte

« Les cancers de souche folliculaire, qui représentent plus de 80 % des cancers de la thyroïde, donnent rarement des symptômes, sauf si la maladie est évoluée. La thyroïde, devenue plus volumineuse, peut comprimer les nerfs récurrents qui commandent les cordes vocales. La maladie se signale alors par une altération de la voix ou par une gêne à la déglutition. Parfois, des ganglions (adénopathie) sont palpables dans le cou », observe le Dr Camila Nascimento, endocrinologue à l’Institut Curie (Paris). 

Une prise de sang peu significative

Le cancer de la thyroïde peut se développer sans, pour autant, perturber le fonctionnement de la glande. La plupart du temps, il reste assez de tissu sain pour que la thyroïde produise des hormones en quantité suffisante. C’est ce qui explique que le dosage sanguin de la TSH (thyréostimuline) reste normal dans la plupart des cas.

Echographie et ponction, des examens de base

Pour diagnostiquer la maladie, le médecin palpe le cou de son patient à la recherche de nodules sur la thyroïde et de ganglions plus volumineux que la normale. En cas de doute, il prescrit une échographie.
Cet examen permet de classer les nodules en fonction de leur taille et d’un niveau de risque. « À partir de là, nous pouvons décider quels nodules doivent être ponctionnés », explique le Dr Nascimento. La ponction, réalisée à l’aide d’une aiguille très fine sous contrôle échographique – l’examen est sans douleur – permet de prélever des cellules afin de les analyser. 

Les résultats sont ensuite classés de la façon suivante :

– Eu-Tirads 2 : le nodule est considéré comme totalement bénin.

– Eu-Tirads 3 : le nodule est peu suspect. Il sera ponctionné s’il mesure plus de 2 cm de diamètre.

– Eu-Tirads 4 : la ponction est indiquée s’il fait plus de 15 mm.

– Eu-Tirads 5 : la ponction est pratiquée au-delà de 1 cm.

«  Les nodules de moins de 1 cm ne sont ponctionnés que chez les patients qui ont des antécédents familiaux de cancer de la thyroïde, chez ceux qui ont subi une irradiation cervicale (par exemple un traitement par radiothérapie au niveau du cou) ou s’il y a un risque d’envahissement des nodules au-delà de la capsule thyroïdienne », explique le Dr Nascimento.

Attention au sur-diagnostic

À l’heure actuelle, les endocrinologues privilégient ce que le Dr Nascimento appelle « la désescalade thérapeutique ». Il s’agit d’éviter les sur-diagnostics, c’est-à-dire des conclusions trop hâtives et des interventions chirurgicales inutiles. Trop de cancers de la thyroïde détectés à un stade très précoce ont été traités, avec à la clé l’ablation de la glande, alors qu’ils n’auraient sans doute jamais évolué. « Les cancers de la thyroïde de petite taille, sans facteurs d’agressivité, sont de très bon pronostic. Dans cette situation, le traitement est plus lourd que la maladie elle-même », rappelle le Dr Nascimento. Souvent, une simple surveillance suffit. 

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