Les nodules, de petites grosseurs qui se forment au sein de la thyroïde, peuvent être repérés de différentes manières. Dans 30 % des cas, ils sont palpables à la base du cou. Mais, très souvent, ils sont découverts par hasard, à l’occasion d’un examen radiologique, par exemple un doppler des carotides.

Dans leur grande majorité, ces nodules sont sans gravité. Seuls 10 % d’entre eux se révèlent être des tumeurs cancéreuses. Des examens spécifiques permettent d’évaluer leur dangerosité.

L’échographie pour classer les nodules

Tout commence par un échographie, un examen totalement indolore qui fait appel aux ultrasons. Grâce à cette imagerie, les nodules sont classés en fonction de leur taille et de leur niveau de risque. À chaque stade correspond une prise en charge spécifique :

– Au stade Eu-Tirads 2, le nodule est considéré comme totalement bénin. 

– Au stade Eu-Tirads 3, le nodule est peu suspect. Une ponction (examen consistant à prélever des cellules pour les analyser) n’est pratiquée que si la tumeur mesure plus de 2 cm. 

– Au stade Eu-Tirads 4 : le nodule n’est ponctionné que s’il dépasse 1,5 cm.

– Au stade Eu-Tirads 5 : il est ponctionné s’il fait plus de 1 cm.

La ponction pour analyser les cellules

La ponction consiste à prélever quelques cellules du nodule, à l’aide d’une aiguille très fine. Cet examen n’est pas douloureux. Il est réalisé sous contrôle échographique. Les cellules sont ensuite analysées en laboratoire. « Dans la grande majorité des cas, le nodule est bénin et sera simplement surveillé. Si des cellules atypiques sont repérées, le risque de cancer est faible. Dans ce cas, une nouvelle ponction est effectuée 3 à 6 mois après pour vérification. Si le résultat est le même, on se réfère à l’aspect du nodule à l’échographie. Un nodule non-suspect sera simplement surveillé », explique le Dr Camila Nascimento, endocrinologue à l’Institut Curie (Paris). 

En revanche, si le nodule est vraiment douteux, une intervention chirurgicale est envisagée. Elle sera décidée en fonction de la taille de la tumeur et de sa localisation. Au cours de l’intervention, le chirurgien retire toute la thyroïde, (ou simplement le lobe malade) ainsi que les ganglions situés à proximité. Ces différents tissus sont ensuite envoyés au laboratoire d’anatomopathologie pour analyse. En cas de cancer, un traitement à base d’iode 131 radioactif peut compléter la chirurgie. 

La scintigraphie pour les cas particuliers

Autre examen, la scintigraphie est proposée aux patients dont le taux sanguin d’hormone TSH est trop bas, ce qui révèle une hyperactivité anormale de la thyroïde. Concrètement, un produit de contraste radioactif est injecté par voie intraveineuse au patient. Ce produit va se fixer sur certains nodules. Son rayonnement est capté par une gamma-caméra sous laquelle le patient est allongé. 

Ce type d’imagerie permet de différencier les nodules «chauds» des nodules «froids». « Les nodules chauds produisent beaucoup d’hormones. On les distingue car ils captent beaucoup de radiotraceur à la scintigraphie. Ils sont en général bénins et il n’y a pas besoin de les ponctionner. Les nodules froids ne captent rien du tout car ils ne produisent plus d’hormones. Une ponction va permettre de déterminer s’ils sont cancéreux ou pas », explique le Dr Nascimento. Le traitement sera ajusté en fonction du résultat. 

La scintigraphie n’expose le patient qu’à des doses très faibles de radioactivité. Cependant, par mesure de précaution, cet examen est différé chez les femmes enceintes ou allaitantes. 

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