Une nouvelle étude publiée dans le Gastro Journal, rapporte les effets bénéfiques d’un régime pauvre en FODMAPs sur le syndrôme du côlon irritable (1). C’est la première étude de qualité à le faire, les études précédentes n’étant pas assez rigoureuses pour faire office de preuves. Et ce régime va sans doute pouvoir être conseillé aux personnes souffrant du syndrome du côlon irritable.

Les FODMAPs (pour Fermentescibles, Oligosaccharides Disaccharides Monosaccharides And Polyols) sont des glucides à courte chaîne qui sont peu absorbés par le petit intestin, ils sont alors fermentés en gaz dans le côlon, faisant gonfler le ventre. Ils sont présents dans certains végétaux riches en prébiotiques (fibres) comme l’oignon, l’artichaut, le chou ou le blé. Le blé contient du gluten mais aussi des FODMAPs, c’est pourquoi certaines personnes voient leurs symptômes s’améliorer en arrêtant de consommer du blé (2). Elles penseraient alors, à tort, que le gluten est à l’origine des symptômes.

Pour plus d’informations sur les FODMAPs, lire Diminuer les FODMAPs, utile ou non ? 

Dans cette nouvelle étude, des chercheurs de l’université du Michigan ont séparé 90 personnes souffrant de syndrome du côlon irritable en 2 groupes pendant 6 semaines :
– Un groupe avec une alimentation limitant les irritants comme le café, l’alcool, les repas copieux, appelé groupe “bon sens”.
– Un groupe suivant un régime pauvre en FODMAPs.

Le syndrome de l’intestin irritable (appelé également troubles fonctionnels intestinaux, ou colopathie fonctionnelle) est une maladie chronique fréquente (10% de la population serait touchée) sans gravité mais qui nuit grandement à la qualité de vie. Les personnes atteintes subissent une alternance d’épisodes de diarrhée et de constipation tout en ayant des douleurs abdominales récidivantes (crampes intestinales, ballonnements et/ou  flatulences). Les traitements reposent sur des médicaments souvent onéreux qui, en plus d’être inefficaces, ont des effets secondaires gênants.

Résultats : parmi le groupe “bon sens”, 20% des patients ont vu leur état s’améliorer contre 50% dans le groupe FODMAPs. De plus, le régime pauvre en FODMAPs a diminué les symptômes gênants chez 61% des participants contre 27% dans le groupe “bon sens” comme les ballonnements, les diarrhées ou les envies pressantes d’aller aux toilettes.

Cette étude est “la seule étude clinique méthodiquement rigoureuse qui montre qu’un régime pauvre en FODMAPs non seulement améliore les symptômes, mais aussi la qualité de vie des patients souffrant du syndrome du côlon irritable” selon le Dr Shanti Eswaran, qui a coordonné l’étude.

Les résultats font écho à une méta-analyse d’essais cliniques (de moindre qualité) qui avait rapporté un effet bénéfique du régime sans FODMAPs (3).

Maintenant qu’il est établi que le régime pauvre en FODMAPs est efficace chez un grand nombre de patients, les chercheurs comptent déterminer pourquoi certains aliments provoquent des réactions chez certains mais pas chez d’autres.

Pour aller plus loin : La solution FODMAP

RÉFÉRENCES :

(1) Shanti L. Eswaran, William D. Chey, Kenya Jackson, Sivaram G. Pillai, Samuel W. Chey, Theresa Han-Markey. “A Low FODMAP Diet Improves Quality of Life, Reduces Activity Impairment, and Improves Sleep Quality in Patients With Irritable Bowel Syndrome and Diarrhea: Results From a U.S. Randomized, Controlled Trial”. Gastro Journal, Mai 2015. doi: http://dx.doi.org/10.1016/S0016-5085(16)30665-5.
(2) El-Salhy M Hatlebakk JG, Gilja OH, Hausken T. “The relation between celiac disease, nonceliac gluten sensitivity and irritable bowel syndrome.” Nutr J. 2015 Sep 7;14:92. doi: 10.1186/s12937-015-0080-6.
(3) Maagaard L, Ankersen DV, Végh Z, Burisch J, Jensen L, Pedersen N, Munkholm P. “Follow-up of patients with functional bowel symptoms treated with a low FODMAP diet.” World J Gastroenterol. 2016 Apr 21;22(15):4009-19. doi: 10.3748/wjg.v22.i15.4009.


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