W. Ian Lipkin est l’un des grands spécialistes internationaux des coronavirus et des maladies infectieuses. Il est professeur d’épidémiologie à l’université de Columbia (New York). Il dirige aussi dirige le Centre collaborateur de l’Organisation mondiale de la santé pour le diagnostic des zoonoses et des maladies infectieuses émergentes. Il a conseillé le réalisateur Steven Soderbergh pour le scénario du film Contagion (2011), un thriller basé sur l’épidémie de SRAS de 2003 et la pandémie de grippe de 2009.

L’épidémie de coronavirus se déroulant selon un scénario proche de celui du film, le journaliste Ramy Inocencio lui a demandé, pour la chaîne américaine CBS News, quelles mesures adopter à titre individuel en période d’épidémie.

« Portez un masque » (norme américaine N95, norme européenne FFP2)

Pr Lipkin : « Je pense que le port du masque aide. Pour deux raisons : premièrement, si vous toussez et que vous utilisez un masque approprié, il retient les gouttelettes qui contiennent le virus. C’est un aspect. L’autre, bien sûr, c’est que si vous portez un masque, cela vous rend plus conscient de ce que vous faites avec vos mains. Parfois, les infections se propagent non pas parce que quelqu’un tousse sur vous ou vous éternue dessus, mais parce que vous avez touché quelque chose d’infecté et que vous touchez ensuite vos yeux, votre nez, votre bouche. Si vous portez un masque, vous avez beaucoup moins de chances de le faire”.

« Portez des gants »

« L’autre chose que je recommande, c’est que si vous êtes dans les transports publics, comme le métro ou le bus, portez des gants. Ce ne sont pas forcément des gants chirurgicaux, rien de fantaisiste, juste des gants ordinaires. En hiver, contrairement au masque qui vous fait paraître un peu louche, personne ne vous regarde bizarrement si vous portez des gants. Je prends le métro à New York et je porte des gants. »

« Embrassez en l’air »

« Vous avez posé une question sur les masques, qui sont souvent portés en Asie. Les gens en Asie veulent se protéger les uns les autres. Il y a ce concept de distanciation sociale qui signifie simplement qu’on essaie d’augmenter l’espace entre l’un et l’autre. On ne se serre pas les mains. Si on s’embrasse, c’est avec des baisers « en l’air » ».

Le Pr Lipkin conclut cet entretien sur une note raisonnablement optimiste : « Nous allons vers des journées plus chaudes ; avec le réchauffement, il y a plus d’humidité dans les gouttelettes qui contiennent le virus ce qui signifie que quand les personnes contaminées éternuent ou toussent, le virus ne va pas très loin. »


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