Pourquoi c’est important

La « fast fashion » représente une menace pour la planète. Ces vêtements bon marché qui s’abîment vite génèrent beaucoup de déchets. Ils sont souvent fabriqués à bas coût à l’autre bout du monde dans des conditions sociales médiocres. Leur transport et leur fabrication mobilisent beaucoup de ressources naturelles, faisant de l’industrie de la mode l’une des plus polluantes au monde.

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Mais une fois que nous avons acheté un vêtement, la façon dont nous le lavons n’est pas anodine non plus sur le plan écologique. A chaque lavage, nous consommons de l’eau et de l’énergie et nous relâchons des polluants dans l’environnement. Dans la machine à laver, nos vêtements libèrent des microfibres, de petits brins de textile qui rejoignent les eaux usées et qui contiennent parfois des matières plastiques. Au final, ces microfibres risquent de rejoindre les rivières et de se retrouver dans l’océan où des animaux marins vont les avaler.

Ce que montre l’étude

Cette étude qui paraît dans la revue Dyes & Pigments  a été réalisée par l’université de Leeds avec l’entreprise Procter & Gamble, qui fabrique des lessives. Ses auteurs ont voulu savoir comment les couleurs et les microfibres des vêtements résistaient aux lavages.

Pour cela, ils ont reproduit les charges moyennes des machines utilisées par les consommateurs et ont lavé 12 t-shirts sombres et 8 avec des couleurs vives avec des carrés de tissu blanc. Ils ont utilisé des machines à laver courantes, de la lessive de la marque Ariel, et ont comparé des lavages de 30 min à 25 °C et de 85 min à 40 °C, pendant 16 cycles, à 1600 tours/min. L’expérience a été répétée avec du linge sage fourni par des consommateurs.

Les chercheurs ont analysé les eaux qui sortaient de la machine à laver pour détecter les colorants émis. Ils ont aussi récupéré les microfibres libérées par les vêtements et les ont pesées. Ils ont trouvé que les t-shirts perdaient significativement moins de couleurs (jusqu’à – 74 %) quand ils étaient lavés en cycles courts et à basse température. Entre 20 et 40 °C, plus la température augmente, plus le vêtement perd ses couleurs, et donc plus on libère de teintures dans l’environnement. En revanche, la différence entre 40 et 60 °C était faible.

Avec des cycles courts et à basse température, il y avait également moins de microfibres libérées dans l’environnement (jusqu’à -52 %). Dans un communiqué, Richard Blackburn, de l’université de Leeds, explique : « Des microfibres synthétiques sont libérées chaque fois que les textiles sont lavés et représentent plus d’un tiers de tout le plastique atteignant l’océan. Mais les microfibres de coton et d’autres sources naturelles se trouvent en plus grand nombre dans la mer, et nous nous inquiétons également de leur impact. »

Les cycles courts et à basse température présentent aussi comme avantages d’économiser de l’énergie (- 66 % environ) et donc de réduire à la fois notre empreinte carbone et notre facture électrique.

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En pratique

En conclusion, pour limiter votre impact sur l’environnement et rallonger la durée de vie de vos vêtements, privilégiez les cycles de lavage courts et à basse température. Choisissez une lessive peu polluante, biodégradable. Il existe aussi des solutions pour fabriquer soi-même sa lessive dans le cadre d’une démarche « zéro déchet ». N’utilisez pas de sèche-linge et évitez d’acheter des vêtements en matière synthétique qui apporteront des microplastiques dans les océans.

Des livres pour aller plus loin : Zéro plastique Zéro toxique, Famille (presque) zéro déchet 


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