Qu’est-ce que c’est ?

« L’hypnose est « un état et/ou un processus de conscience modifiée, produit par une induction directe, indirecte ou contextuelle, ressemblant parfois au sommeil, mais physiologiquement distinct, caractérisé par une élévation de la suggestibilité et qui produit à son tour certains phénomènes sensoriels et perceptuels. Cet état, que certains auteurs appellent « la transe », est un état naturel que l’on peut vivre tous les jours : lorsqu’on rêve éveillé, lorsqu’on regarde un feu attentivement, lorsqu’on perd temporairement la notion du temps au volant d’une voiture ou, tout simplement, lorsqu’on est dans la lune. » Michel Kerouac (1996)

Les différents types d’hypnose
•    L’hypnose traditionnelle
Approche directive qui permet d’atteindre un résultat efficace et rapide. Elle est utilisée notamment avant une intervention médicale. Le thérapeute se place en hauteur face au patient et les suggestions ressemblent à des ordres.
•    L’hypnose ericksonienne
Issue de la pratique de Milton Erikson, elle se base sur les techniques d’hypnose classique. Toujours dirigiste, elle se veut cependant plus indirecte : les suggestions sont plus subtiles afin de s’adapter à chaque patient. Le thérapeute s’adresse encore à l’inconscient du patient pour tenter de résoudre sa problématique.
•    La nouvelle hypnose
Cette approche associe l’hypnose ericksonienne à la PNL (programmation neurolinguistique). Plutôt pratique, cette technique s’intéresse à comment améliorer une problématique sans se focaliser sur les origines de celle-ci. Grâce à l’hypnose, le thérapeute peut s’adresser à l’inconscient du patient.
•    L’hypnose humaniste
C’est une approche très récente qui ne nécessite plus un état de conscience modifié. Le patient est éveillé et il est maître du travail qu’il effectue sur lui-même. Le thérapeute, lui, se place comme un guide pédagogique.

Pour qui ? Pour quoi ?

Pour tout le monde, quel que soit l’âge. Et pour de nombreux motifs médicaux. Elle est contre-indiquée seulement en cas de trouble psychotique.
Une étude sur la pratique de l’hypnose dans 30 CHU français indique que tous ces hôpitaux pratiquent l’hypnose contre la douleur (hypnoanalgésie) et les deux tiers proposent l’hypnosédation (en renfort de l’anesthésie classique). L’hypnothérapie est pratiquée par 40 % des CHU dans d’autres indications. Dans 91,7 % des cas pour les troubles anxieux, dans 66,7 % des cas pour la prise en charge des psycho-traumatismes et 25 % pour les troubles de l’humeur. (1)
En consultation externe, elle aide aussi à surmonter certaines situations (examens, deuil, arrêt du tabac…).

Comment ça marche ?

Une consultation classique est divisée en plusieurs phases :

  • Définition de l’objectif de la séance : exposition de la problématique du patient et explication de la pratique de l’hypnose.
  • Induction de l’état hypnotique : de multiples méthodes existent pour induire chez le patient une focalisation intérieure permettant de lui faire oublier l’environnement extérieur et de faire émerger son inconscient. Cela peut passer par la méditation qui permet de fixer son attention sur un objet précis ou sur des sensations corporelles. En moyenne, cet état est atteint en environ 15 minutes.
  • Suggestion thérapeutique : sous forme d’histoire, de métaphore, d’anecdote, le thérapeute utilise la suggestion pour moduler des comportements et des perceptions qui peuvent avoir pour but la relaxation, la modification de la perception du temps…
  • Discussion post-hypnose : après avoir accompagné le patient vers le réveil, le thérapeute fait un point sur les sensations vécues par le patient.

Qu’en dit la science ?

Les études scientifiques sur l’hypnose sont nombreuses et couvrent bien des troubles et affections. Cependant la méthodologie de ces études est trop hétérogène pour obtenir des preuves solides.

Hypnose et syndrome de l’intestin irritable

L’hypnose est étudiée depuis longtemps contre les troubles gastro-intestinaux et il semblerait qu’elle soit efficace sur les adultes et les enfants atteints de syndrome de l’intestin irritable (trouble fonctionnel qui induit des douleurs abdominales, un inconfort et des troubles du transit). Cette pratique est utilisée notamment chez les patients qui ne répondent pas aux traitements classiques.
L’action de l’hypnose sur cette maladie serait le résultat, selon une étude, d’une modulation du fonctionnement intestinal et d’un changement du traitement par le cerveau des signaux sensoriels envoyés par le tractus gastro-intestinal. (2)

À lire aussi : Côlon irritable : l’hypnose thérapeutique pourrait aider 

Hypnose et perte de poids

Une étude randomisée publiée dans Obesity, effectuée sur 120 patients obèses, a montré que des techniques d’autohypnose aidaient à réduire l’apport calorique et l’inflammation. La perte de poids s’observe chez les patients qui utilisent l’hypnose fréquemment, notamment l’autohypnose. (3)

À lire aussi : L’hypnose, une aide à la maîtrise du poids 

Hypnose et accouchement

L’hypnose est une technique qui pourrait aider à diminuer les douleurs durant l’accouchement (en autohypnose notamment) mais aussi à induire le travail. Une revue de 9 études sur près de 3000 participantes a montré que les femmes sous hypnose ont utilisé moins de médicaments analgésiques que celles servant de témoins. Cependant aucun bénéfice concernant l’intensité de la douleur n’a été mis en évidence. (4)

Hypnose et douleur

La douleur est sa première indication en milieu hospitalier et l’hypnose agit sur un grand nombre de douleurs chroniques ou aiguës (causées par exemple par des brûlures (5)). Elle est aussi utilisée en complément de l’anesthésie. Les hypnothérapeutes utilisent de nombreuses techniques d’hypnoanalgésie. 
Une petite étude réalisée sur 5 patients a testé l’hypnopraxie, une nouvelle méthode d’hypnose, lors de diverses interventions médicales (coloscopie, réparation de l’hernie inguinale, pose de Bande Trans obturatrice pour l’incontinence). Aucune autre technique anesthésique n’a été nécessaire pendant les coloscopies. Pour les 2 interventions chirurgicales, un anesthésique local a été appliqué par le chirurgien. Les 5 patients ont été satisfaits après l’intervention. (6)

Hypnose et tabac

Le sevrage tabagique est une indication bien connue de l’hypnose. À raison semble-t-il puisqu’une étude randomisée publiée dans Complementary Therapies in Medicine, montre que l’hypnose serait plus efficace que les substituts nicotine pour arrêter de fumer (7). De même, dans une autre étude comptant 60 participants, les personnes ayant eu des consultations avec un hypnothérapeute ont obtenu un niveau d’abstinence plus important que celles du groupe de contrôle. (8)

En pratique

Il est possible de trouver un hypnothérapeute près de chez vous grâce aux sites associatifs qui regroupent les coordonnées de chaque praticien. 
Une consultation coûte environ entre 50 et 80 euros et dure entre 20 à 50 minutes.  Selon le motif de la consultation, un suivi pourra être nécessaire pour obtenir un résultat.

Pour en savoir plus 

Deux livres : 

Un site :

Des applications :


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